Etude | BTP, Energie, Immobilier, Concessions 15e édition

Juillet 2026 | Les majors européens ont évolué en 2025 dans un contexte marqué par des contraintes géopolitiques toujours fortes, avec la mise en place des tarifs douaniers et de fortes tensions internationales persistantes, politiques et sur les chaines d’approvisionnement. Malgré des incertitudes macroéconomiques marquées, les principaux indicateurs sont toujours au vert : tous les majors du secteur affichent de la croissance et les prévisions sont rassurantes avec des carnets orientés à la hausse.
En 2025, les grands groupes européens du BTP, de l’énergie, de l’immobilier et des concessions continuent d’afficher une croissance solide malgré un contexte économique incertain. Les carnets de commandes progressent globalement (+7 %), mais les performances deviennent plus hétérogènes d’un acteur à l’autre.
Après plusieurs années d’amélioration, la rentabilité marque un ralentissement, principalement en raison de la baisse des marges dans les activités de concessions (hausse des coûts d’exploitation et facteurs externes), partiellement compensée par les bonnes performances du pôle Énergie & Services.
Les entreprises poursuivent leur transformation digitale pour améliorer la productivité, sécuriser l’exécution des projets et soutenir leur rentabilité future, tout en renforçant leur sélection des projets et leur gestion des risques.

La structure des activités évolue peu :
Le BTP reste le cœur du secteur (55 % de l’activité), mais sa croissance est freinée par la crise de l’immobilier (-12 %).
L’Énergie & Services poursuit sa forte progression (29 % de l’activité, +7 % de croissance), malgré des cycles de décision plus longs et un environnement réglementaire plus complexe.
Les groupes français se distinguent particulièrement dans l’énergie, où ils représentent 77 % du chiffre d’affaires du panel étudié.

Enfin, l’internationalisation se renforce : 65 % du chiffre d’affaires est désormais réalisé hors des marchés domestiques, constituant à la fois un levier majeur de croissance et un facteur d’exposition accru aux risques externes.

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Le Panel 2025 intègre l’ensemble des groupes européens, pure players ou acteurs diversifiés autour des métiers du BTP, de l’Énergie, de l’Immobilier et des Concessions, dont le chiffre d’affaires consolidé  de l’exercice est supérieur à 9 Mds€. 

Notre étude est fondée sur les documents d’enregistrement universel et les autres communications des groupes du Panel.

Principaux enseignements - 2025 confirme un changement de cycle pour le secteur du BTP

Après plusieurs années de forte reprise post Covid, en 2025, la croissance du chiffre d’affaires se poursuit pour l’ensemble du panel, tandis que la marge moyenne s’inscrit en légère baisse, pour la première fois depuis 2020.

Dans un environnement international incertain, les majors font preuve d’une résilience notable. L’activité continue de progresser (+7 %), portée par les segments du BTP, de l’Énergie & Services et des Concessions. Cette performance traduit un marché toujours dynamique, soutenu par des besoins structurels. Le recul du secteur immobilier (‑12 %) confirme en revanche le décrochage de ce segment, plus exposé au ralentissement des investissements et au durcissement des conditions de financement.

Après une phase de redressement marquée, les marges se stabilisent et commencent à se tendre. Trois secteurs sur quatre maintiennent ou améliorent leur marge, mais le repli des concessions (‑4,2 pts, sur une marge de 36 %), combiné au poids du BTP, fait reculer l’ensemble de ‑0,2 pt.

Le segment de l’énergie continue de tirer la performance (+1,8 pts de marge pour atteindre 6,8 %), traduisant un déplacement progressif de la création de valeur vers les activités liées à la transition énergétique.

Dans ce nouveau cadre, les entreprises adoptent une approche plus sélective. La croissance reste présente, mais elle repose davantage sur des arbitrages stratégiques et une recherche de rentabilité que sur une simple augmentation des volumes.

Les carnets restent bien orientés (+7 %), mais leur lecture change de nature : ils traduisent désormais les positions de chacun plus qu’une dynamique de marché.

Evolution de l’activité entre 2024 et 2025

  • +7,4%En moyenne pour les Majors européens du panel
  • +4,5%En moyenne pour les groupes français

En 2025, les majors européens du BTP poursuivent leur croissance avec une hausse moyenne du chiffre d’affaires de +7 %, sans aucun recul parmi les groupes étudiés. Cette bonne dynamique est soutenue par des carnets de commandes élevés et par le maintien des investissements mondiaux dans les infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures technologiques.

Les performances sont toutefois de plus en plus contrastées. ACS se démarque avec une croissance de +20 %, portée notamment par l’acquisition de Dornan Engineering. Balfour Beatty et Webuild affichent également de fortes progressions, autour de +15 %, grâce à leur croissance organique.

À l’inverse, les groupes français enregistrent une croissance plus limitée (+4,5 % en moyenne), notamment en raison de la stabilisation de Bouygues après l’intégration d’Equans. Plusieurs acquisitions ciblées (Eiffage, SPIE, Vinci) contribuent néanmoins à soutenir leur développement.

Cette évolution montre que la croissance du secteur dépend désormais davantage du positionnement stratégique des groupes, de leur présence sur les marchés les plus porteurs (énergie et infrastructures) et de leur capacité à réaliser des opérations de croissance externe. Le secteur entre ainsi dans une phase où les écarts de performance sont de plus en plus liés aux choix géographiques, sectoriels et d’acquisition des entreprises.

Évolution du taux de marge opérationnelle entre 2024 et 2025

En 2025, la rentabilité opérationnelle des majors européennes recule légèrement (-0,2 point), mais cette moyenne cache de fortes disparités entre les groupes.

Certaines entreprises connaissent une dégradation marquée, comme Mundys (-3,5 points), pénalisée par des effets de change et des évolutions de portefeuille d’actifs. À l’inverse, Acciona améliore significativement sa rentabilité (+2,5 points) grâce à des cessions d’actifs dans l’énergie.

Plus largement, une tendance de fond apparaît : la croissance du chiffre d’affaires ne se traduit plus automatiquement par une hausse des marges. Le poids important des activités BTP et la baisse de rentabilité des concessions exercent une pression croissante sur les résultats.

Dans ce contexte, la capacité d’exécution devient un facteur clé de différenciation. Face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et au vieillissement des effectifs, les groupes investissent davantage dans l’automatisation, la standardisation et les outils numériques afin d’améliorer la productivité et le pilotage des projets.

Ainsi, la performance des acteurs se mesure désormais moins à leur croissance qu’à leur capacité à préserver durablement leur rentabilité. Les groupes français, avec une légère amélioration de leurs marges (+0,1 point), font preuve d’une résistance un peu meilleure que la moyenne du secteur.

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Évolution des carnets de commandes entre 2024 et 2025

  • 7En moyenne pour les Majors européens du panel
  • +5,4 %En moyenne pour les groupes français

En 2025, les carnets de commandes des majors européennes progressent de 7 %, mais cette moyenne masque des écarts de plus en plus importants entre les acteurs. Alors que Strabag (+23,7 %), Balfour Beatty (+23,4 %) et SPIE (+17,9 %) enregistrent de fortes hausses, Webuild (-7,6 %) et Skanska (-9,5 %) voient leurs carnets reculer.

Cette évolution montre que les performances sont désormais davantage liées aux choix stratégiques propres à chaque groupe qu’à une dynamique sectorielle commune. Les entreprises les mieux positionnées sur des marchés porteurs, comme la transition énergétique ou les grandes infrastructures, tirent leur épingle du jeu.

Par ailleurs, la croissance des carnets (+7,0 %) est légèrement inférieure à celle de l’activité (+7,4 %), ce qui laisse entrevoir un ralentissement progressif du développement du secteur dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et une visibilité économique plus limitée.

Ainsi, le carnet de commandes n’est plus seulement un indicateur de la santé globale du marché : il reflète avant tout la qualité du positionnement commercial et stratégique de chaque acteur. La visibilité et les perspectives de croissance se construisent désormais entreprise par entreprise, et non plus à l’échelle de l’ensemble du secteur.

 

Retrouvez les données clés 2024-2025 des secteurs Énergie / Services, immobilier et concessions / infrastructures, ainsi qu'un focus sustainability en téléchargeant notre étude :

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Etude Majors européens BTP, Energie, Immobilier, Concessions - 15e édition

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