Imposition individuelle : une nouvelle donne fiscale pour les ménages et les entrepreneurs

La votation de ce week-end marque un tournant important pour la fiscalité suisse : l’introduction de l’imposition individuelle (au plus tard en 2032) met fin au principe de l’imposition conjointe des couples mariés. Au-delà du débat politique, cette réforme ouvre surtout une nouvelle phase pour la planification financière et fiscale des ménages — en particulier pour les couples avec deux revenus.

La votation de ce week-end marque un tournant important pour la fiscalité suisse : l’introduction de l’imposition individuelle (au plus tard en 2032) met fin au principe de l’imposition conjointe des couples mariés. Au-delà du débat politique, cette réforme ouvre surtout une nouvelle phase pour la planification financière et fiscale des ménages — en particulier pour les couples avec deux revenus.

Une réforme attendue, aux effets très concrets

L’un des objectifs centraux de l’imposition individuelle est de supprimer la pénalisation du second revenu. Dans de nombreux ménages, le passage à l’imposition séparée devrait améliorer l’attractivité d’une reprise ou d’une augmentation d’activité, notamment pour les personnes travaillant à temps partiel.

Redistribution des cartes en matière de planification patrimoniale

Mais l’impact ne se limite pas à l’impôt sur le revenu. Cette réforme modifie aussi certains équilibres en matière de prévoyance, de structuration des revenus et de planification patrimoniale.

Dans de nombreux cas, il devient pertinent de revoir :

  • la répartition des revenus entre conjoints,
  • les stratégies de prévoyance individuelle et professionnelle,
  • les arbitrages entre salaire et dividendes pour les entrepreneurs,
  • ainsi que certaines structures existantes (holding, immobilier, etc.).

Autrement dit, l’imposition individuelle invite à une lecture plus globale de la situation économique du couple — et pas seulement à une comparaison de taux d’imposition.

Attention aux effets de bord

Comme toute réforme, celle-ci crée des gagnants… et des situations plus nuancées. Les couples à revenus très asymétriques ou disposant déjà de montages patrimoniaux sophistiqués devront analyser attentivement leur nouvelle position fiscale.

Une approche purement “arithmétique” serait réductrice : les choix à venir devront intégrer fiscalité, prévoyance, transmission et objectifs de vie.

En conclusion

  • L’imposition individuelle représente une évolution majeure du cadre fiscal suisse. Elle crée de nouvelles opportunités, mais appelle surtout à une revue structurée de sa situation personnelle et entrepreneuriale.
  • Plus que jamais, une approche coordonnée entre fiscalité, patrimoine et stratégie professionnelle devient essentielle pour transformer ce changement légal en véritable levier à long terme.
  • Reste encore à savoir quel impact sur la rapidité du processus de taxation auront les futurs 1,7mios de déclarations fiscales supplémentaires.

Auteur : Emilien Gigandet, Directeur - Forvis Mazars en Suisse

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