Africa C-suite barometer : outlook 2026

Chaque année, notre C-suite Barometer interroge plus de 3 000 dirigeants à travers le monde, offrant une vision d’ensemble du paysage économique. Cette édition met en lumière les perspectives des décideurs économiques en Afrique, et révèle comment ils abordent les incertitudes économiques et politiques actuelles avec optimisme et action stratégique.

Les grands dirigeants d’entreprise en Afrique prennent les devants dans un monde marqué par de nombreuses incertitudes

Les grands dirigeants d’entreprises en Afrique abordent 2026 avec une confiance qui pourrait surprendre de nombreux observateurs. Dans un contexte économique mondial caractérisé par des marchés instables, des régimes tarifaires en constante évolution et l’accélération de la transformation technologique, la région ne se contente plus de reprendre le narratif habituel. Elle adopte plutôt une position distincte, alliant optimisme et réalisme opérationnel, investissements audacieux et priorisation disciplinée, grâce à des d’expansion et de transformation technologique.

 93 % prévoient une croissance l’année prochaine

 63 % ont ajouté des pays cibles supplémentaires à leurs plans d’expansion

 99 % disposent d’une stratégie dédiée à la transformation technologique

 

 

Cet optimisme reflète des équipes de leaders ayant consacré du temps à recalibrer leurs stratégies, à tester la robustesse de leurs opérations et, dans de nombreux cas, à réinventer leurs business models pour anticiper l’avenir. La réalité est désormais limpide : l’incertitude n’est plus l’exception, elle constitue le cadre permanent d’exercice, et l’adaptabilité s’impose comme la compétence clé de demain.

 

 

La croissance reste soutenue, malgré des pressions persistantes.

 

Quatre organisations sur cinq en Afrique déclarent une croissance de leur chiffre d’affaires cette année, bien que l’on observe un léger ralentissement par rapport à 2025. L’incertitude économique demeure la principale contrainte, suivie de près par une intensification de la concurrence sur les marchés nationaux et internationaux. L’inflation et la hausse du coût de la vie figurent au premier rang des préoccupations des dirigeants, tandis que la fragilité des chaînes d’approvisionnement — qui s’était précédemment atténuée — réapparaît comme un défi notable.

Toutefois, ces pressions coexistent avec une forte confiance des équipes dirigeantes. L’instabilité ne ralentit pas la prise de décision, mais est désormais intégrée dans les plans stratégiques. Les leaders à travers le continent se sont familiarisés avec le fonctionnement dans des environnements structurellement imprévisibles. Ils anticipent désormais les disruptions, s’y préparent et identifient de plus en plus les opportunités qu’elles apportent.

 

 

Transformation technologique: de l’ambition à l’exécution

La transformation par la technologie reste la priorité stratégique majeure de la région. Si la proportion d’organisations disposant d’une stratégie dédiée à la transformation technologique a légèrement diminué pour atteindre trois quarts, les investissements deviennent plus ciblés. La rentabilité et la croissance du chiffre d’affaires figurent désormais en tête de l’agenda numérique, suivies par l’infrastructure de données, l’intelligence artificielle et l’agilité opérationnelle.

L’IA, en particulier, passe de la phase pilote à l’intégration opérationnelle. La moitié des dirigeants de la région indiquent que l’IA a déjà un impact significatif sur leurs organisations. Quatre sur cinq ont restructuré leurs équipes pour en soutenir l’adoption et, bien que 26 % reconnaissent des suppressions de postes liées à l’IA, 43 % rapportent la création de nouveaux emplois, traduisant un effet net positif sur les effectifs.

Les applications de l’IA qui progressent le plus dans une optique de création de valeur incluent la prévision, l’expérience client et la production créative. Cela traduit un focus pragmatique sur la précision, l’efficacité et la différenciation concurrentielle pour contrebalancer certains des facteurs plus difficiles à contrôler qui impactent la croissance et la transformation. Les préoccupations éthiques liées à l’utilisation de cette technologie persistent, mais tendent à se modérer, et la région a réalisé des avancées notables en matière de protection des données, près des deux tiers des dirigeants estimant désormais que les données de leur organisation sont « totalement protégées ».

 

 

 

Les disruptions commerciales redéfinissent les choix stratégiques.

La confiance dans la gestion des coûts liés aux tarifs douaniers reste élevée. Plus de quatre dirigeants sur cinq déclarent être capables de naviguer face à l’impact financier des évolutions du commerce mondial. Beaucoup ont agi de manière décisive en développant de nouvelles efficacités, en lançant des offres alternatives, en ajustant leur politique tarifaire et, dans certains cas, en repensant entièrement leurs modèles opérationnels.

Ces pressions influencent également les investissements dans les chaînes d’approvisionnement. La priorité majeure est l’intégration de nouvelles technologies, suivie par le renforcement des opérations existantes sur les marchés – un indicateur que les entreprises privilégient la résilience et les gains de productivité plutôt que l’expansion à tout prix.

 

L’expansion internationale gagne du terrain, pas de recul

En dépit des tensions géopolitiques et de la volatilité des droits de douane, l’expansion internationale reste une priorité claire. Plus de trois quarts des entreprises en Afrique prévoient d’entrer sur au moins un nouveau marché au cours des cinq prochaines années. En effet, les entreprises africaines affichent une vision plus long terme que la moyenne mondiale, 31 % confirmant qu’elles commenceront à opérer dans plus de cinq nouveaux pays (contre seulement 10 % à l’échelle mondiale). La Chine, les États‑Unis, l’Afrique du Sud, la France et l’Allemagne figurent parmi les destinations les plus ciblées. Plus de la moitié des organisations ont ajouté de nouvelles destinations à leurs plans cette année, tandis qu’un tiers seulement les a réduites.

Les coûts opérationnels liés aux tarifs et l’instabilité politique constituent les principaux obstacles à la croissance à l’international. Mais là encore, l’expérience des dirigeants africains dans la gestion d’environnements opérationnels complexes leur confère un avantage distinctif, à condition que l’agilité soit déjà intégrée dans leur processus décisionnel.

 

L’adaptabilité, un avantage compétitif

Dans tous les domaines — technologie, investissements, opérations et expansion internationale — un thème cohérent se dégage. Les grands dirigeants d’entreprises africains ne se contentent pas de réagir à l’incertitude : ils institutionnalisent l’adaptabilité. Ils ajustent leurs stratégies avec rapidité, investissent de manière ciblée et préparent leurs organisations à anticiper les disruptions plutôt qu’à y répondre a posteriori. Mieux encore, l’Afrique est la seule région où la stratégie de marque et la réputation figurent parmi les trois principales priorités d’investissement cette année — un signe supplémentaire que les dirigeants considèrent l’adaptabilité comme une stratégie globale pour un succès durable.

Si 2026 doit mettre à l’épreuve la résilience des entreprises dans le monde entier, les organisations africaines semblent prêtes. Des années de navigation dans la volatilité ont façonné un état d’esprit dirigeant qui perçoit l’incertitude non pas comme un obstacle, mais comme une condition permanente et, de plus en plus, comme un terrain d’opportunités.