Gouvernance et contrôle interne : les clés d’une croissance durable

Pour Martin Cloutier, Associé Directeur et Leader en Audit chez Forvis Mazars Canada, le contrôle interne n’est pas une question de taille, mais de survie, surtout en période de croissance « Quelle que soit la grandeur de l’entreprise, un contrôle interne performant demeure capital. Il permet, entre autres, de mieux gérer les risques financiers et opérationnels tout en assurant la pérennité de l’organisation. »
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Dans les PME, où chaque ressource compte, la rigueur devient une forme d’agilité.

« Une fois les contrôles en place, ils offrent un cadre clair et rassurant. Chacun sait exactement quoi faire, les processus deviennent fluides et la collaboration plus efficace. Le tout avance plus vite. »

Au-delà de la prévention des erreurs, un bon système de contrôle interne renforce la crédibilité de l’entreprise auprès des investisseurs et des partenaires. « Lorsqu’un dirigeant cherche à lever des fonds, à accueillir de nouveaux actionnaires ou investisseurs, des contrôles solides constituent un gage de confiance. Ils renforcent la crédibilité de l’organisation et peuvent même accélérer l’accès au financement ».
 

De la grande entreprise à la PME : adapter sans alourdir

Dans une PME, les ressources humaines et financières sont limitées. En revanche, il est tout à fait possible de mettre en place un comité aviseur ou de s’entourer d’un groupe de conseillers externes pour bénéficier d’un accompagnement stratégique adapté. », souligne Martin Cloutier.

L’idée n’est pas de copier les structures complexes des grandes organisations, mais d’en extraire les principes utiles : « Les bonnes pratiques existent, il faut simplement les ramener à une échelle adaptée. »

Parmi ces pratiques, il en cite trois essentielles :

  • Évaluer et gérer les risques. « Ne pas connaître ses risques, c’est prendre le risque d’investir du temps et des ressources au mauvais endroit, loin des véritables priorités. »
  • Suivre les indicateurs clés de performance (KPI). « C’est important de savoir si nous progressons dans la bonne direction. »
  • Former les employés. « Les dirigeants et actionnaires ne peuvent pas tout surveiller. Des employés bien formés deviennent alors de précieux alliés. La formation permet de sensibiliser les employés aux nouveaux risques et de renforcer leurs compétences. »

La cybersécurité : le contrôle interne le plus sous-estimé

Selon Martin Cloutier, la cybersécurité constitue aujourd’hui « le premier contrôle interne à mettre en place, peu importe la taille de l’entreprise ». Trop souvent reléguée au second plan par les PME, elle représente pourtant une menace permanente.

Il recommande de prévoir un plan d’intervention clair ainsi qu’un plan de formation continue. « Les employés sont souvent la première porte d’entrée d’une attaque. Il est donc essentiel de leur inculquer les bons réflexes, réfléchir avant de cliquer sur un lien dans un courriel ou de scanner un code QR, et rester vigilant face aux tentatives d’hameçonnage. »

Dans un contexte où les opérations reposent de plus en plus sur le numérique, Martin rappelle qu’un simple clic peut coûter cher : « Une PME qui vend en ligne collecte des données sensibles, comme des informations de cartes de crédit, ou des adresses. La rapidité d’exécution et la créativité exigent des ajustements fréquents de notre positionnement. C’est une force, mais aussi un risque. »

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L’intelligence artificielle : vigilance et opportunité

Les nouvelles technologies offrent des outils prometteurs pour automatiser certains contrôles, mais exigent de la prudence. « Nous en sommes encore au stade de la veille », admet-il. « Il y a des solutions intéressantes sur le marché, mais il faut éviter de partager des données sensibles dans des outils publics tels que ChatGPT ou dans des solutions non gérées par le service TI des entreprises. »

Chez Forvis Mazars, le groupe développe d’ailleurs sa propre intelligence artificielle pour concilier innovation et sécurité. « Dans une PME, il faut observer ce qui se passe sans se précipiter. Mais c’est certain que l’IA représente une opportunité à ne pas manquer. »

Instaurer une culture du contrôle

Pour les PME qui souhaitent franchir le pas, le premier réflexe est simple : identifier les risques majeurs.

Une fois ces risques définis, l’entreprise peut structurer ses actions, hiérarchiser ses priorités et mobiliser efficacement ses équipes. En comprenant les risques et la logique sous-jacents des contrôles, les employés s’approprient naturellement les processus et assument pleinement leurs responsabilités. Selon lui, cette culture d’appropriation est déterminante, lorsque les équipes comprennent le sens des actions attendues et que la confiance leur est accordée, elles deviennent de véritables relais du contrôle interne.

Un investissement, pas une dépense

Certains entrepreneurs hésitent encore, estimant qu’ils sont « trop petits » pour investir dans le contrôle interne. Martin Cloutier invite à revoir cette perception :

« Ce n’est pas une dépense, c’est un levier stratégique. À offre comparable, un investisseur retiendra toujours l’entreprise la mieux structurée. »

Pour les entreprises souhaitant aller plus loin, Forvis Mazars propose un accompagnement flexible et adapté à leurs besoins. Nous pouvons intervenir en tant que conseillers externes, aider à identifier les risques, assurer le suivi des flux de trésorerie et fournir des analyses mensuelles.

La gouvernance sans lourdeur

En conclusion, Martin Cloutier insiste : « La gouvernance ne doit pas être obligatoirement formelle pour être constructive. De petits gestes peuvent rapporter énormément. »

Un contrôle interne bien adapté n’est pas un fardeau, c’est une discipline qui protège, structure et valorise l’entreprise aujourd’hui comme demain.

 

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