Etude | Les Small Modular Reactors, choc de simplification au service de la transition énergétique

Octobre 2021
En pleine crise des prix de l’énergie et à quelques mois de la COP 26, il n’a jamais été autant question de l’énergie trilemma, c’est-à-dire la fourniture d’une énergie bas carbone, bon marché et sans coupure. Une technologie se distingue : Le Small Modular Reactor (SMR). La communauté Mazars Énergie et Environnement, vous présente les grands enjeux de la filière SMR.

A travers l’analyse de données, d’études, de rencontres avec des experts, la communauté Energie et Environnement de Mazars dresse ici la photographie de la filière SMR pour éclairer la perception des enjeux technico-économiques de cette technologie et identifier les prochains jalons à franchir pour concrétiser son déploiement au service de la transition énergétique

Vous avez dit SMR ?

Les Small Modular Reactors (SMR) sont un type de réacteurs nucléaires, de taille et puissance plus faibles que celles des réacteurs conventionnels. Le SMR n’est pas un produit unique, c’est une approche de conception couplée à une technologie. Le SMR équivaut ainsi à différentes générations de technologie nucléaire et plus de 72 concepts sont ainsi recensés par l’IAEA (International Atomic Energy Agency), une cinquantaine sont à vocation commerciale.

Pourquoi le SMR ?

Pour atteindre la neutralité carbone à horizon 2050 afin de limiter le réchauffement climatique en dessous des 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle, il convient de concrétiser la transition énergétique. Les énergies renouvelables et le nucléaire pilotable peuvent jouer un rôle significatif dans un contexte d’électrification de nombreux usages. Produire une électricité décarbonée, tel est le sens de l’avenir tout en tournant le dos progressivement aux énergies fossiles et très rapidement au charbon. Dans ce contexte, l’offre d’énergie nucléaire disponible à date est limitée. Le nucléaire d’aujourd’hui nécessite des chantiers, des engagements financiers à plusieurs milliards d’euros et sont en conséquence des projets complexes à réaliser pour les États. Dès lors, un vrai engouement existe depuis 5 ans à l’égard de réacteurs nucléaires plus petits, qui sollicitent de plus faibles engagements financiers, avec des temps de chantiers plus courts et avec plus de simplicité à opérer.

Le SMR marché d’avenir ou utopie ?

Un potentiel de marché de 22 GW se dégage à horizon 2035 pour les réacteurs électrogènes. Un potentiel qui pourrait se concrétiser pour :

  • Des pays à forte croissance démographique et/ou fort usage du charbon et du gaz.
  • Des pays à faibles réseaux électriques ou encore des zones géographiques isolées.

De nombreux autres usages sont à l’agenda des développeurs de SMR notamment les réseaux de chaleur, la propulsion navale, la désalinisation ou, dans une moindre mesure, la production d’hydrogène vert.

Des défis importants à relever ?

Pour tenir ces promesses, les SMR doivent encore démontrer une grande partie de leur potentiel technique et principalement : la faible durée des chantiers et l’efficacité des systèmes de sûreté passive. Mais surtout les SMR doivent démontrer leur compétitivité économique avec un nécessaire effet de série à atteindre pour compenser la baisse des économies d’échelle liées à la faible puissance par la hausse des économies de modularité. Les soutiens publics seront ainsi stratégiques pour dépasser l’effet prototype et permettre la juste évaluation des coûts une fois l’effet de série atteint.

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