Auvergne-Rhône-Alpes : les ETI à la pointe de la démarche de réindustrialisation régionale

Première région industrielle de France, l’Auvergne-Rhône-Alpes concentre 14% des emplois du secteur et 16% de la valeur ajoutée industrielle nationale. Forvis Mazars y affiche une forte présence, avec 10 bureaux et 600 professionnels, au services des entreprises de la région, TPE, PME et ETI, qui sont au cœur de la réindustrialisation de la France.

En 2024, la région Auvergne-Rhône-Alpes a enregistré 32 ouvertures nettes d’usines [1], ce qui confirme son attractivité. Cette réussite ne doit rien au hasard : elle repose sur une combinaison performante de facteurs territoriaux, économiques, politiques et humains.

En premier lieu, l’Auvergne-Rhône-Alpes bénéficie d’un tissu industriel dense et varié, avec la présence de grands sites (17 des 100 plus grandes usines françaises [2]) et un large spectre de filières (santé, chimie, agroalimentaire, énergie, électronique, plasturgie, textile technique, etc.).

Elle s’attache également à développer la filière nucléaire, qui s’appuie sur l’existence de 4 centrales et 14 réacteurs, et concentre régionalement 48 000 emplois. Deux nouveaux réacteurs EPR2 devraient aussi voir le jour à Bugey, de même qu’une plateforme d’excellence, soutenue par la Région, à l’INSA Lyon [3]. La formation de professionnels du nucléaire est donc une priorité : l’objectif est d’accroître de 25% le nombre de diplômés, dans 18 établissements mobilisés [4].

A l’autre extrémité du spectre, l’Auvergne-Rhône-Alpes valorise aussi les savoir-faire artisanaux, avec 241 000 entreprises qui emploient 315 000 salariés [5]. 

Enfin, la région peut compter sur un écosystème dynamique et performant d’innovation et de formation, avec 454 start-ups industrielles (soit 18% du total national), 12 pôles d’excellence (contre 7 en moyenne dans les autres régions) et une forte capacité de formation (Campus Région du Numérique, IUT, écoles d’ingénieurs) [6].

Cette remarquable diversité d’entreprises et de secteurs d’activités profite d’infrastructures logistiques de qualité, avec des axes autoroutiers majeurs (A6, A7, A40), des équipements multimodaux (Aéroport Lyon-Saint-Exupéry et voies fluviales), et d’une forte mobilisation territoriale, qui se traduit par un accompagnement actif des entreprises (plans de relocalisation, aides à l’investissement, dispositifs d’accompagnement) et par des initiatives collaboratives entre industriels et acteurs locaux, visant à soutenir la dynamique de réindustrialisation. Dans ce cadre, des appels à projets d’innovation sont régulièrement lancés, en particulier pour valoriser les solutions locales dans la préparation des JO d’Hiver de 2030.

Au final, cet ambitieux processus d’industrialisation et de réindustrialisation, lancé en 2016, a donc permis à la région Auvergne-Rhône-Alpes d’atteindre et de conserver sa première place hexagonale, et d’attirer également les investissements étrangers : en 2023, 14% des IDE (Investissements Directs Etrangers) ont été dirigés vers l’Auvergne-Rhône-Alpes [7].

 

Au cœur de cette réindustrialisation, les ETI jouent un rôle fondamental

Les ETI représentent 25% des ouvertures d’usines en France [8]. Elles emploient 3,5 millions de salariés et concentrent 26% de la valeur ajoutée nationale [9]. En Auvergne-Rhône-Alpes, on recense 700 ETI, qui emploient 380 000 personnes et affichent un chiffre d’affaires cumulé de 109 milliards d’euros [10]. Elles sont des acteurs stratégiques du tissu industriel régional, particulièrement présentes dans les secteurs de la mécanique, de la chimie, de l’agroalimentaire et de la santé. Souvent implantées dans des zones rurales ou périurbaines, elles contribuent aussi à la revitalisation des territoires éloignés des grands centres urbains.

Par ailleurs, elles investissent également massivement dans la R&D et l’innovation et sont les deuxièmes contributrices derrière les grandes entreprises en matière de recherche et développement, avec une orientation vers les technologies moyennes-hautes. Certaines d’entre elles, très représentatives de la démarche régionale de création industrielle, portent ainsi des innovations de rupture.

On peut mentionner Atawey, entreprise savoyarde spécialisée dans la fabrication et l'installation de stations de recharge en hydrogène pour tous types de véhicules, qui vient de lever 22 millions d’euros et dont l’Etat est entré au capital ; MagREEsource, qui recrée, à partir d’une technologie de recyclage d’aimants en fin de vie à faible impact, des aimants neufs et solutions magnétiques pour l’industrie, et va investir 50 millions d'euros dans son site basé à Noyarey (Isère), près de Grenoble ; ou Injectpower, qui révolutionne le marché de la micro-batterie en proposant des solutions ultra-miniaturisées pour le secteur de la santé, et a déjà déposé en France plus de 40 brevets.

Innovantes, résilientes et performantes, les ETI aurhalpines savent également tirer profit des initiatives de l’État. Elles s’inscrivent ainsi dans le programme Stratégie Nation ETI, lancé en 2020, qui propose 15 mesures pour mieux faire connaître les ETI, renforcer leur capacité à investir et leur compétitivité, faciliter leur transmission et améliorer la prise en compte de leurs spécificités dans les politiques publiques. En outre, les PME régionales les plus dynamiques peuvent aussi bénéficier du dispositif ETIncelles, lancé en 2023, avec l’objectif d’accompagner 500 Petites et Moyennes Entreprises à devenir des Entreprises de Taille Intermédiaire.

 

Pour les ETI aurhalpines, l’IA et l’ESG sont des leviers majeurs de compétitivité

De manière croissante, les ETI aurhalpines placent l’IA et l’ESG au cœur de leurs modèles et en font des piliers stratégiques de leur développement et de la réindustrialisation de la région.

En matière d’IA, tout d’abord, l’Auvergne-Rhône-Alpes bénéficie d’un écosystème dense et performant : en 2023, 431 offreurs de solutions IA ont été identifiés en Auvergne-Rhône-Alpes, dont 90 % sont des startups ou des PME, avec une croissance de 40 % depuis 2020 [11]. C’est particulièrement vrai dans plusieurs domaines clés, tels que la santé, l’énergie et la mobilité, avec des entreprises comme Soitec, ETI iséroise, leader international des matériaux semi-conducteurs intelligents, qui a mis l’IA en cœur de ses processus de production et de contrôle qualité, et fournit à ses clients acteurs de l’IA des matériaux et solutions qui leur permettent de fonctionner plus efficacement.

Plus globalement, les acteurs régionaux de l’IA – dont un grand nombre de start-ups – ont levé 150 millions d’euros depuis 2022, pour moderniser leurs processus industriels [12].

Ils mettent aussi un accent fort sur la formation : le Campus Région du Numérique et les IUT locaux forment chaque année de nombreux élèves aux métiers industriels et numériques, dont une part croissante se spécialise en IA appliquée à l’industrie.

Concernant les enjeux ESG, la situation est assez semblable. Les ETI de la région Auvergne-Rhône-Alpes les intègrent progressivement dans leurs stratégies de développement. En premier lieu pour notamment répondre à des enjeux croissants de transition énergétique et décarbonation, qui est une priorité pour les ETI industrielles, mais également pour renforcer leur attractivité RH, et parce que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance tendent à prendre une place croissante dans l’accès aux financements.

Pour faciliter cette intégration, les entreprises régionales peuvent s’appuyer sur des initiatives locales, des clubs d’entreprises, et des outils de reporting soutenus par des acteurs publics comme la Banque des Territoires. Cette institution joue ainsi un rôle fondamental dans l’orientation et la structuration des modèles économiques des entreprises vers plus de durabilité, en intégrant progressivement les critères ESG dans ses politiques de financement, en accompagnant les organisations dans l’adaptation de leurs modèles de développement, en contribuant à la diffusion des pratiques ESG via l’imposition de standards mesurables, et en soutenant des projets alignés avec les ODD (Objectifs de développement durable) des Nations-Unies.

L’État intervient également via Bpifrance, qui, en 2024, a injecté 133 millions d’euros en Prêts Climat et réalisé 497 diagnostics environnementaux pour accompagner les entreprises vers une trajectoire bas carbone [13]. Enfin, les ETI s’appuient aussi sur la Garantie Verte, lancée en 2024, pour structurer les financements autour de critères ESG et faciliter la création, le développement et la transmission d’entreprises responsables.

Plusieurs dispositifs existent aussi à l’échelle régionale : à tire d’exemple, “Accélérer ma transformation en ETI [14], qui accompagne les PME dans leur croissance et inclut des modules de diagnostic stratégique et de développement durable.

Enfin, les ETI régionales se caractérisent par une forte présence de capital familial et d’entreprises manufacturières, souvent engagées dans des démarches RSE historiques.

De manière très concrète, des acteurs régionaux comme MagREEsource (recyclage d’aimants) démontrent leur volonté de réduction de leur empreinte industrielle en intégrant l’économie circulaire au cœur de leurs modèles de production. De même, Carré Blanc, entreprise roannaise, spécialisée dans la fabrication de linge de maison, investit massivement sur le « produire mieux », avec un minimum de consommation d’eau, le recyclage, la transition écologique et sur la traçabilité durable.

 

Accélérer la réindustrialisation : l’engagement de Forvis Mazars aux côtés des ETI

Forvis Mazars accompagne les ETI dans la réponse à leurs grands enjeux : structurer leur croissance, sécuriser leurs financements, réussir leur transition digitale et durable, ou encore anticiper une transmission.
En Auvergne-Rhône-Alpes, Forvis Mazars est le partenaire de proximité, qui dispose d’une connaissance profonde des enjeux et des spécificités régionaux. Avec 10 bureaux répartis sur l’ensemble du territoire et 600 collaborateurs, Forvis Mazars met à profit ses expertises, son agilité et ses capacités d’innovation pour accompagner les PME et ETI aurhalpines et apporter sa pleine contribution à la réindustrialisation d’une région dynamique et attractive.

Le dynamisme des ETI, allié à l’attractivité et à la diversité du territoire Auvergne-Rhône-Alpes, constitue un levier stratégique pour accélérer la réindustrialisation régionale. Cette synergie est particulièrement déterminante dans un contexte où les enjeux de relocalisation et de souveraineté industrielle sont au premier plan. Forte de son histoire industrielle, de ses infrastructures et de son écosystème d’innovation, l’Auvergne-Rhône-Alpes offre un cadre idéal pour accueillir et développer des projets industriels ambitieux. Les ETI, par leur agilité, leur capacité d’innovation et leur ancrage territorial, sont des acteurs clés pour répondre à ces défis : elles savent conjuguer performance économique, transition durable et compétitivité technologique. Cette convergence entre un tissu entrepreneurial solide et un territoire dynamique positionne l’Auvergne-Rhône-Alpes comme l’un des moteurs essentiels de la réindustrialisation française.


 

[1] https://www.lyon-entreprises.com/actualites/article/reindustrialisation-lauvergne-rhone-alpes-en-tete-des-ouvertures-dusines-en-2024

[2] https://lelab.bpifrance.fr/Etudes/la-reindustrialisation-en-france-regards-croises-entre-territoires-industriels-et-citoyens/auvergne-rhone-alpes-454-start-ups-industrielles-et-73-nouveaux-sites-en-2023-un-modele-de-reindustrialisation

[3] https://www.auvergnerhonealpes.fr/actualites/souverainete-energetique-la-region-adopte-un-plan-global-de-soutien-la-filiere-nucleaire

[4] https://www.lyon-entreprises.com/actualites/article/le-plan-de-soutien-a-la-filiere-nucleaire-en-auvergne-rhone-alpes-un-levier-pour-lindependance-energetique-ou-une-strategie-a-confirmer

[5] https://plateforme-iet.auvergnerhonealpes-entreprises.fr/informations-economiques/tendances-economiques/barometre-2024-2025-lartisanat-en-auvergne-rhone-alpes

[6] https://lelab.bpifrance.fr/Etudes/la-reindustrialisation-en-france-regards-croises-entre-territoires-industriels-et-citoyens/auvergne-rhone-alpes-454-start-ups-industrielles-et-73-nouveaux-sites-en-2023-un-modele-de-reindustrialisation

[7] ibid.

[8] https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/Publications/2025/Th%C3%A9mas/20250516-thema-29-ETI.pdf

[9] https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678536

[10] https://www.clubeti-aura.fr/

[11] https://campusnumerique.auvergnerhonealpes.fr/article/le-panorama-2023-des-acteurs-de-li-a-en-auvergne-rhone-alpes/

[12] ibid.

[13] https://presse.bpifrance.fr/bpifrance-auvergne-rhone-alpes-bilan-dactivite-2024-reaffirmation-du-soutien-a-la-reindustrialisation-et-a-la-transition-ecologique-et-montee-en-puissance-de-la-creation-dentreprises-en-2024

[14] ibid.

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