Vivez le CES 2025 au plus près | Récap' #3 du mercredi 8 janvier
Insights | Récap' CES 2025 #3
La face cachée du futur
Le CES 2025 a ouvert ses portes à Las Vegas, et déjà les premiers jours ont livré leur lot de surprises, d’extravagances et d’innovations. Impossible de passer à côté de l’événement-phare du moment : les 100 ans de Delta Airlines, célébrés en grande pompe dans une scénographie immersive époustouflante. Mais ce n’est qu’un aperçu d’une semaine où les géants de la tech rivalisent d’audace pour attirer l’attention, entre gadgets futuristes, annonces marquantes et réflexions sur la durabilité.
Du concert privé de Lenny Kravitz pour Delta aux écrans transparents de LG, en passant par les véhicules solaires d’Aptera Motors, le CES ne manque pas de faire rêver. Pourtant, derrière cette façade scintillante, des questions pressantes émergent : quelle place pour la durabilité dans ce temple de l’innovation ? À travers des exemples contrastés – des gadgets connectés rapidement obsolètes aux efforts plus sérieux de startups engagées – cet article décrypte les tendances et les contradictions d’un secteur toujours en quête de « plus ».
Entre spectacles grandioses, innovations insolites et débats sur l’impact environnemental, plongez dans les coulisses de l’événement technologique le plus influent de l’année. Une lecture qui vous fera osciller entre émerveillement et questionnements. Prêts à découvrir la face cachée du futur ?
#1 | Les 100 ans de la compagnie Delta Airlines, le show à l’intérieur du show
Impossible d’échapper à l’effervescence qui entourait la conférence Delta au CES en ce début de semaine. C’était, sans conteste, l’un des événements phares de ces premières heures, celui dont tout le monde parlait, et pour cause : Delta a mis les petits plats dans les grands pour célébrer son centenaire avec un dispositif exceptionnel.
L’expérience débutait bien avant l’événement : obtenir un billet relevait déjà de l’exploit, tant la demande était forte. Mais pour ceux qui ont eu la chance d’y assister, l’attente valait largement le détour. Quelques heures plus tard, les invités étaient accueillis dans une sphère immersive aux couleurs de Delta, spécialement conçue pour l’occasion. Une scénographie époustouflante qui marquait le ton de ce moment historique.
Le programme était à la hauteur des attentes. Aux côtés du CEO de Delta, les participants ont pu profiter de la présence et des interventions du CEO de Uber, de Tom Brady, footballeur américain, et de Viola Davis, actrice. Mais c’est Lenny Kravitz qui a véritablement enflammé la soirée avec une prestation exclusive, un concert privé qui restera gravé dans les mémoires.
Delta n’a pas seulement offert un spectacle : chaque participant est reparti avec des souvenirs de ce moment historique. Des bracelets LED interactifs, animés en direct durant l’événement, ont illuminé la soirée. En prime, chaque invité a reçu des cadeaux, dont un sweat exclusif Delta 100 ans, qui s’annonce déjà comme une pièce de collection.
#2 | Les annonces du jour
Comme toujours, la deuxième journée du CES est plus calme en annonces, la plupart des industriels profitant de la journée presse pour faire leurs grands ‘reveals’.
Nous notons toutefois quelques annonces intéressantes :
- Asus a dévoilé sa nouvelle gamme de PC intégrant… de l’intelligence artificielle évidemment ! Composants plus puissants (en partie pour faire tourner toute cette IA), et tarifs annoncés eux aussi plus puissants…
- LG poursuit les démonstrations avec ses écrans transparents qui deviennent une réalité, avec une dalle 4K parfaitement transparente ; à nouveau, ça coûte cher avec un tarif annoncé à près de 60 000 dollars !
- Aptera Motors a révélé un véhicule électrique qui se recharge à l’énergie solaire ; design très original, autonomie de 60km/h, pas sûre que nous les voyions bientôt sur les routes européennes mais c’est très prometteur !
#3 | La durabilité, un constat en demi-teinte
Le CES, temple mondial de l’innovation technologique, continue de briller par son inventivité mais peine à répondre à une question essentielle : quel impact cette avalanche de gadgets a-t-elle réellement sur notre planète ? Si l’édition 2025 met davantage en avant des initiatives liées à la durabilité, comme en témoignent les Innovation Awards dans les catégories de l’énergie et de la durabilité, cette approche semble incomplète.
Une confusion dans les messagesSous la bannière de la durabilité, plusieurs catégories se mélangent : des appareils électroménagers comme le sèche-linge LG plus efficace en énergie, aux batteries imprimées sur papier, en passant par les PC dernier cri d’Asus. Pourtant, il est difficile de trouver une ligne directrice claire entre la durabilité des produits eux-mêmes et les avancées technologiques fondamentales comme les batteries ou les énergies alternatives. Tout est mis dans le même sac, au risque de diluer le sujet. |
Une vision incomplèteSurtout, nous ratons ici l’occasion de valoriser des projets qui répondent aux vrais défis environnementaux : le réemploi des matériaux, la réduction des déchets électroniques ou encore l’intégration d’énergies vraiment vertes. Si quelques initiatives émergent timidement, comme celles de Panasonic ou de startups de niche, l’accent reste mis sur des innovations souvent superficielles ou rapidement obsolètes. |
Le règne du toujours plusCette édition est encore dominée par une quête du « toujours plus » : des écrans 8K, des drones de loisir, des gadgets connectés qui seront oubliés dans les tiroirs d’ici deux ans, ou pire, obsolètes. Paradoxalement, même les efforts en matière de mobilité électrique soulèvent des questions : les véhicules électriques de plus en plus puissants nécessiteront des batteries toujours plus gourmandes, tandis que l’essor de l’intelligence artificielle annonce une explosion des besoins en datacenters, eux-mêmes énergivores. |
Panasonic et le pragmatisme oubliéDans cette cacophonie, la keynote de Panasonic fait figure d’exception. En mettant en avant des innovations pensées pour être en phase avec les enjeux climatiques, Panasonic rappelle qu’il est possible d’innover autrement. Certaines startups engagées sur des problématiques de durabilité nous partageaient d’ailleurs leurs questionnements lorsqu’ils sont en croissance sur le marché européen grâce à une réglementation favorable, et se heurtent au pragmatisme d’autres cultures économiques : ici, seule l’équation économique semble importer. Ce sujet d’éducation sur l’impact environnemental est criant et témoigne de l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir. |
Et après ?Le CES 2025 reflète une industrie encore prise au piège de son propre récit : innover pour innover, sans toujours mesurer les conséquences. Si des solutions concrètes pour la durabilité existent, elles sont noyées dans un flot de gadgets. Le futur de la technologie ne pourra pas se limiter à l’éclat de ses nouveautés : il devra briller par son impact positif sur la planète. |
#4 | Les 3 infos insolites du jour
CES versus Vivatech : match nul
Avec plus de 13 000 startups représentées et près de 165 000 visiteurs cette année, Vivatech n’a rien à envier au CES, si ce n’est le nombre d’entreprises exposantes (quasiment du simple au double entre l’événement européen et son cousin américain qui accueille 4300 exposants cette année).
Ce qui est le plus frappant, c’est sans doute la surface d’exposition : avec ses 230 000 m2 d’exhibition, le CES démontre le gigantisme nord américain, sans commune mesure avec les 55 000 m2 de Vivatech à Paris.
Ce sont donc deux événements très complémentaires, qui ont pris des virages stratégiques marqués, avec Vivatech qui met l’accent sur les startups et moins sur les corporate, et le CES qui s’impose comme le rendez vous annuel des géants pour des annonces plus incroyables les unes que les autres.
Le latte art de l’extrême
Un café latte ? Nous avons mieux à vous proposer : un café latte avec votre visage imprimé dans la mousse de lait ! Improbable, certes, et pourtant, cela existe désormais et nous l’avons testé ! C’est assez troublant de tremper ses lèvres dans une mousse à son effigie, mais ça ne change en rien le goût du latte : ouf !
Le chiffre du jour
2,3 milliards de dollars, c’est ce qu’a coûté la construction de la Sphère de Las Vegas, en faisant la salle de spectacle dont la construction a été la plus coûteuse de toute la vallée ! Avec une capacité d’accueil de 18 600 personnes, le lieu propose une expérience immersive inédite avec un écran intérieur 16K et 54 000 m2 d’écran LED à l’extérieur (ne manquez pas dans notre vidéo Day 1 l’impressionnant timelapse que nous avons tourné de la sphère ‘by night’ !).
A demain pour de nouvelles aventures !
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