Vivez le CES 2025 au plus près | Récap' #4 du jeudi 9 janvier

À l’occasion du CES 2025 à Las Vegas, Forvis Mazars vous propose de suivre, en exclusivité, les grandes tendances, les innovations marquantes et les temps forts de cet événement incontournable de la tech mondiale. Découvrez le Récap' #4 de cette édition 2025.

Le CES 2025, derrière l’effervescence, une réalité plus nuancée

Chaque année, le CES de Las Vegas s’impose comme le rendez-vous mondial de l’innovation technologique, attirant les regards par ses annonces futuristes, ses démonstrations éblouissantes et ses stands gigantesques. Mais derrière l’effervescence et les projecteurs se dessine une réalité plus nuancée, voire contrastée, qui mérite notre attention.

D’un côté, le CES est une scène publique où startups, grands groupes et curieux se croisent dans des lieux emblématiques tels que le Las Vegas Convention Center, le Venetian, et l’Aria. De l’autre, il cache une facette plus discrète : des échanges stratégiques “behind closed doors”, où les grandes entreprises réservent des espaces exclusifs pour impressionner leurs partenaires et clients dans une ambiance feutrée et privilégiée.

Cette dualité ne s’arrête pas là. Elle se retrouve aussi dans l’organisation même de l’événement, qui sépare drastiquement startups et grands groupes, limitant les collaborations potentielles. Et si on pousse l’analyse encore plus loin, on constate que des enjeux essentiels comme la diversité et l’inclusion restent en arrière-plan, bien loin de l’ADN innovant que l’on pourrait attendre de la tech.

Alors que le CES 2025 se termine, il est temps de regarder au-delà des apparences : d’explorer ce qui fonctionne, de critiquer ce qui pourrait être amélioré et de célébrer les quelques initiatives engagées qui tentent de changer la donne. Car si le CES est une vitrine, il devrait également être un moteur de progrès, non seulement pour la technologie, mais pour les écosystèmes humains qui la façonnent.

Entrons dans les coulisses.

#1 | “Behind closed doors” : l’autre CES    

Officiellement, l’événement se déploie dans les multiples halls d’exposition ouverts au public, répartis entre trois lieux iconiques de la ville : le Las Vegas Convention Center (LVCC), le Venetian et l’Aria. Ces espaces sont le théâtre d’une multitude de découvertes, des grandes annonces de produits aux démonstrations interactives qui séduisent médias, investisseurs, et curieux.

Mais le CES, c’est aussi – et surtout – une facette plus confidentielle et exclusive. Les géants de la tech tels que Meta, Adobe, Belkin, Microsoft, ou Verizon investissent des suites et espaces privatisés dans les hôtels les plus prestigieux de Las Vegas pour créer des expériences sur-mesure dédiées à leurs clients, prospects et partenaires. Ces espaces, loin de l’effervescence des halls publics, offrent un cadre chaleureux, propice à des échanges B2B approfondis.

L’accueil y est soigneusement orchestré : vous êtes reçu dans un environnement haut de gamme, avec une attention personnalisée et des démos pensées pour répondre aux attentes spécifiques de chaque visiteur. Prenons l’exemple de l’espace Meta : les visiteurs y découvrent des démonstrations impressionnantes des lunettes connectées Meta Ray-Ban, combinant style et technologie, ou encore du Meta Quest 3, le casque de réalité virtuelle dernier cri. Mais l’expérience ne s’arrête pas aux produits : Meta illustre tout le spectre des cas d’usage possibles, qu’il s’agisse de collaboration en réalité virtuelle, de divertissement immersif ou d’éducation augmentée. Ces démonstrations sont conçues pour laisser une empreinte durable, renforçant la pertinence des solutions technologiques proposées.

Dans ce modèle hybride mêlant grand spectacle public et rencontres privées exclusives, le CES incarne une vision moderne des événements B2B. Ici, innovation rime autant avec émerveillement collectif qu’avec efficacité commerciale.

Ce CES-là, discret mais puissant, est peut-être celui où se dessinent réellement les partenariats et avancées qui changeront le futur.

#2 | Startups et grands groupes au CES : des mondes parallèles 

Les grands groupes se concentrent au Central Hall du Las Vegas Convention Center (LVCC), où ils déploient des stands monumentaux mettant en valeur leurs dernières innovations. Les startups, de leur côté, sont hébergées à l’Eureka Park, situé au Venetian, un espace distinct conçu pour les jeunes pousses.

Ce cloisonnement géographique, bien qu’organisé pour optimiser la navigation des visiteurs, crée une réelle barrière entre ces deux mondes qui auraient tout intérêt à se rencontrer. Certes, certaines industries spécifiques – comme l’automobile ou la santé – accueillent des espaces limités dédiés aux startups au sein de leurs propres pavillons. Mais ces exceptions restent rares et ne suffisent pas à créer un écosystème propice à la collaboration.

Cette séparation pose une question de fond : pourquoi se priver d’une synergie qui pourrait bénéficier à tous ? Les startups apportent agilité, créativité et audace, tandis que les grands groupes possèdent les ressources, les réseaux et la capacité de mise à l’échelle. Ensemble, ils pourraient accélérer le développement de solutions innovantes, répondant plus efficacement aux défis technologiques et sociétaux.

Par exemple, une startup spécialisée dans l’intelligence artificielle peut bénéficier de l’expertise industrielle et des données d’un grand groupe pour perfectionner son algorithme et le déployer à grande échelle. À l’inverse, une multinationale peut trouver dans l’agilité d’une jeune pousse un levier pour se réinventer ou conquérir de nouveaux marchés. Sans ces ponts, les startups risquent de manquer de soutien pour croître, tandis que les grands groupes pourraient passer à côté d’innovations disruptives.

Contrairement au CES, l’événement VivaTech à Paris a pris le parti d’encourager la collaboration entre startups et grandes entreprises. Son modèle repose sur un mélange volontaire : les grands groupes y accueillent des startups directement dans leurs espaces d’exposition. Par exemple, des entreprises comme LVMH, Orange ou L’Oréal réservent une partie de leurs stands pour mettre en avant des jeunes pousses qu’elles soutiennent ou avec lesquelles elles collaborent.

Ce format mixte favorise les rencontres spontanées, les discussions riches et, souvent, les partenariats stratégiques. Une startup peut présenter sa solution devant des décideurs de haut niveau, tandis qu’un grand groupe peut puiser dans cet écosystème pour dynamiser son innovation interne. Cette philosophie, bien plus inclusive, permet d’insuffler une véritable dynamique collaborative et d’accélérer le rapprochement entre innovation agile et puissance industrielle.

Les grands acteurs comme Panasonic ou Sony attirent sans doute les foules, mais ils restent isolés d’un vivier d’innovations qui pourraient enrichir leur offre. À l’inverse, les startups de l’Eureka Park, aussi ingénieuses soient-elles, peinent à attirer l’attention des grands acteurs sans effort proactif de leur part.

En attendant, startups et grands groupes continuent de construire des mondes parallèles dans les immenses allées de Las Vegas. Il reste à espérer qu’un jour, ces mondes se croiseront davantage, pour le bénéfice de l’écosystème technologique tout entier.

#3 | Et la diversité dans tout ça ?

Alors que l’avant dernier jour du CES nous a encore réservé son lot de surprises et d’innovations, nous restons sur notre faim sur un sujet qui nous semble essentiel : la diversité dans l’écosystème entrepreneurial. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’une Amérique qui mesure généralement tout, en particulier dans les domaines de la diversité, de l’équité et de l’inclusion, la Consumer Technology Association (CTA), organisatrice du salon, a admis ne pas disposer de chiffres sur le sujet.

Cette lacune statistique est révélatrice d’un problème plus large. Sur le terrain, le public et les intervenants du CES 2025 apparaissent majoritairement homogènes. Une situation qui soulève des questions sur les efforts réels pour inclure des voix diverses dans la conversation technologique mondiale. 

Malgré ce constat, certaines initiatives méritent d’être soulignées. Le Brunch Women in Tech, coorganisé par le CES et la CTA, The Female Quotient et Black Girl Ventures, a offert un espace précieux pour mettre en lumière les talents issus de la diversité. Cet événement, sponsorisé par Forvis Mazars d’ailleurs, a été l’occasion de réunir des entrepreneures, des innovatrices et des leaders technologiques dans un cadre convivial pour promouvoir la place des femmes et des minorités dans l’écosystème technologique. Nous avons réaffirmé notre engagement pour l’inclusion dans la tech à travers ce sponsoring, comme nous le faisons le reste de l’année avec notre accélérateur de startups engagé pour l’entrepreneuriat au féminin, la XFactory.

#4 | Les 3 infos insolites du jour

Sin city, la vraie histoire de Las Vegas

Las Vegas, autrefois une simple oasis dans le désert du Nevada, tire son nom des “vallées fertiles” découvertes par des explorateurs mexicains au XIXe siècle. En 1905, l’arrivée du chemin de fer marque son essor, mais c’est en 1931, avec la légalisation des jeux d’argent et la construction du barrage Hoover, que la ville se transforme. Dans les années 1940-50, des entrepreneurs audacieux bâtissent des hôtels-casinos luxueux, comme le Flamingo, faisant de Las Vegas une capitale mondiale du divertissement. Aujourd’hui, cette métropole du jeu et du spectacle incarne l’excès et l’innovation. De l’oasis à la ville lumière, Las Vegas reste un symbole de rêve et de liberté, dont on appréciera (ou pas) l’ambiance si particulière.

Toujours plus

Le Sphinx du Luxor Hotel à Las Vegas, réplique géante du Grand Sphinx de Gizeh, mesure 34 mètres de hauteur, surpassant de 12 mètres son inspiration égyptienne. Conçu pour marquer les esprits, il symbolise parfaitement l’extravagance de Las Vegas, où tout est pensé pour être spectaculaire. Placé devant une pyramide de verre illuminée, il offre une expérience unique, mêlant mystères antiques et luxe moderne. Ce monument est une preuve que, même face à l’Histoire, Vegas ne fait jamais dans la demi-mesure.
La prochaine fois que vous serez à Las Vegas, prenez le temps d’admirer ce géant moderne. Après tout, combien de fois pouvez-vous dire que vous avez vu un Sphinx plus grand que celui de Gizeh… tout en jouant au blackjack ?

Le chiffre du jour

12 millions, c’est le nombre d’ampoules qui illuminent Fremont Street ! Las Vegas c’est plus que le Strip, et Downtown reste un quartier incontournable, là où tout a commencé. On ne peut pas manquer une déambulation dans cette véritable expérience : une rue mythique pour ses 12 millions d’ampoules sur un plafond de 416 mètres de longueur, que vous pouvez parcourir en tyroliennes (la Slotzilla Zipline !). N’oubliez pas d’éteindre la lumière en sortant de la Zipline !

A demain pour de nouvelles aventures !

Vous souhaitez recevoir les prochains numéros ? Abonnez vous !

Contact