Newsletter E-invoicing
Chaque mois, la Newsletter E-invoicing vous présente l’actualité de la réforme de la facture électronique.
Newsletter E-invoicing - Février 2026
La Newsletter E-invoicing vous présente l’actualité de la réforme de la facture électronique.
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Bonne lecture !
Cette nouvelle édition revient sur les avancées majeures de la réforme de la facturation électronique, marquées par une accélération du déploiement opérationnel en France, la finalisation du PPF et la montée en puissance des plateformes agréées.
À l’international, nos voisins européens – notamment la Belgique et la Pologne – poursuivent également leur transition vers l’e‑invoicing, apportant des enseignements précieux pour l’harmonisation future au sein de l’UE.
Enfin, les cas d’usage métier continuent d’être précisés, offrant un cadre de plus en plus structuré pour accompagner les entreprises dans la mise en œuvre concrète de la réforme.
Cette newsletter vous propose une synthèse claire des points clés à retenir et des prochaines étapes.
La matinée a été marquée par plusieurs annonces structurantes autour de la réforme de la facturation électronique.
Les travaux reprennent intensivement début 2026 dans plusieurs secteurs (agriculture, BTP, immobilier, énergie). La réforme entre dans sa phase d’exploitation : les entreprises testent, remontent leurs contraintes, et AFNOR doit ajuster la norme aux réalités du terrain.
En janvier 2026, une attention particulière a été portée par les sous-groupes sur les secteurs de l’agriculture et du BTP.
Le secteur agricole utilise des modèles complexes non prévus par les schémas traditionnels :
Afin de permettre la conformité sans dénaturer les pratiques sectorielles, garantir un pré remplissage TVA juste, malgré les opérations d’achat/revente et de compensation, et éviter un doublement des factures (achat + collecte), ce qui alourdirait drastiquement les processus. AFNOR a préconisé après sa session de travail :
Les coopératives pourront garder un fonctionnement proche de l’actuel tout en entrant dans la réforme.
Le BTP multiplie les relations contractuelles complexes : MOA, MOE, titulaires, sous-traitants, cotraitants… une seule prestation peut générer 2 ou 3 factures différentes, avec des circuits de validation différents…
Dans le BTP, la sous-traitance génère systématiquement deux factures liées mais distinctes, chacune suivant un circuit différent.
· La première, la facture F1, est émise par le sous-traitant vers l’entreprise principale (le Titulaire).
· La seconde, la facture F2, est émise par le Titulaire vers le Maître d’Ouvrage (MOA) en reprenant une partie ou la totalité des prestations.
Cette architecture crée naturellement des difficultés : comment relier les deux factures ? comment gérer les validations, les demandes de paiement direct ou encore l’autoliquidation de TVA très répandue dans le secteur ?
Le groupe de travail AFNOR apporte des réponses structurées en introduisant le Cadre S5, qui signale clairement une situation de sous-traitance impliquant éventuellement une demande de paiement direct du MOA au sous-traitant. Elle formalise aussi la relation F1/F2 dans un schéma stable et opposable entre plateformes. Enfin, elle définit comment transmettre les statuts d’encaissement, même en cas d’autoliquidation, ce qui permet d’assurer un pré remplissage TVA correct et une traçabilité fiable des paiements impliquant éventuellement une demande de paiement direct du MOA au sous-traitant. Elle formalise aussi la relation F1/F2 dans un schéma stable et opposable entre plateformes. Enfin, elle définit comment transmettre les statuts d’encaissement, même en cas d’autoliquidation, ce qui permet d’assurer un préremplissage TVA correct et une traçabilité fiable des paiements.
La cotraitance apparaît lorsqu’un marché est exécuté par plusieurs entreprises agissant ensemble, avec un mandataire désigné pour représenter le groupement. Dans ce contexte, chaque cotraitant peut émettre ses propres factures, alors que le MOA attend un traitement cohérent et coordonné. Jusqu’à présent, ce fonctionnement créait des difficultés de validation, de suivi et de rapprochement.
Le groupe de travail AFNOR clarifie désormais ces situations en autorisant le mandataire à disposer de droits spécifiques dans la PDPR de l’acheteur, afin qu’il puisse viser ou valider les factures des autres membres du groupement lorsque cela est contractuellement prévu. Pour harmoniser le processus, un statut unique « Visée » est introduit : il permet de relier plusieurs factures associées au même chantier (F1/F2 ou factures de cotraitants) et de les présenter comme un ensemble cohérent à l’acheteur. Cette évolution est particulièrement importante, car elle permet enfin d’industrialiser les circuits de validation dans un secteur où les responsabilités sont souvent partagées.
Dans les ventes sur plan (VEFA) ou les contrats de construction de maison individuelle (CCMI), la facturation repose en grande partie sur des appels de fonds successifs, payés à différentes étapes du chantier.
Cette spécificité implique de gérer correctement la TVA selon deux régimes possibles : TVA au débit ou TVA à l’encaissement, ce qui peut devenir complexe lorsque les acomptes et la facture finale n’ont pas le même taux de TVA (cas fréquent pour des prestations d’architecte par exemple).
Pour clarifier ces mécanismes, Le groupe de travail AFNOR documente précisément l’usage des flux 10.4 (TVA due lors du paiement des acomptes) et 10.3 (facture finale à la livraison). Elle décrit aussi comment reprendre un acompte dans la facture finale lorsqu’un changement de taux intervient entre les étapes du chantier.
Grâce à ces règles, les entreprises du secteur disposent désormais d’un cadre fiable pour émettre des factures cohérentes, éviter les erreurs d’imputation TVA et sécuriser la conformité de leurs opérations.
La réforme entre dans sa phase opérationnelle avec la publication des plateformes agréées.
Plus de 100 plateformes agréées immatriculation sans réserve ont été publiées le 16 janvier 2026 par la DGFiP. Elles ont réussi tous les tests d’interopérabilité et peuvent opérer pleinement pour l’émission, réception et transmission des factures électroniques. Ils doivent toutefois encore produire un rapport d’audit de conformité et disposent d’un délai d’un an pour le transmettre.
D’autres acteurs présentent un dossier complet, en attente des tests d’interopérabilité.
Source : Je consulte la liste des plateformes agréées | impots.gouv.fr |
· À compter du 1er janvier 2026, la Belgique impose la facturation électronique structurée pour toutes les transactions B2B domestiques, dans le format conforme EN 16931 et transmis via le réseau Peppol, rendant obsolètes les factures PDF ou envoyées par e‑mail.
· Cette obligation, inscrite dans la dynamique européenne ViDA, s’accompagne d’une période de tolérance de trois mois (janvier–mars 2026) durant laquelle aucune sanction n’est appliquée si l’entreprise démontre une préparation raisonnable.
· Un mécanisme de secours permet temporairement d’émettre une facture papier ou PDF non structuré lorsque le destinataire n’est pas techniquement en mesure de recevoir une e‑facture conforme.
· Certaines opérations restent exclues, notamment les opérations exonérées art. 44 TVA, les assujettis forfaitaires et les entreprises non établies en Belgique sans établissement stable.
· Ce passage fait de la Belgique l’un des pays européens les plus avancés sur l’e‑facturation et un précurseur de l’harmonisation portée par ViDA.
· En Pologne, l’obligation de réception entre en vigueur le 1er février 2026, tandis que l’obligation d’émission s’appliquera à compter du 1er février ou du 1er avril 2026 selon les entreprises.
· Le KSeF est la plateforme nationale polonaise de facturation électronique, comparable au Portail Public de Facturation français initialement présenté. Elle centralise l’émission, la réception, l’archivage et la consultation des factures structurées, permettant une automatisation accrue des processus comptables et fiscaux.
· Le calendrier d’obligation prévoit une entrée en vigueur au 1er février 2026 pour les grandes entreprises dépassant 200 millions PLN TTC (≈ 47 millions EUR) de chiffre d’affaires, et au 1er avril 2026 pour toutes les autres. Une période de tolérance est prévue jusqu’au 31 décembre 2026 pour les petites factures : total mensuel ≤ 10 000 PLN (≈ 2 354 EUR) ou montant unitaire ≤ 450 PLN (≈ 106 EUR).
· Les e‑factures KSeF sont des fichiers XML conformes au schéma FA_VAT (3), identifiés par un numéro KSeF unique et conservés dix ans. Elles ne sont accessibles que via le NIP, qui est l’équivalent polonais du SIREN français, et ne sont ni envoyées par e‑mail ni imprimées, sauf exceptions.
· Toutes les entités polonaises assujetties ou non à la TVA sont concernées par l’obligation d’émission et de réception. Les opérateurs étrangers ne sont soumis à KSeF que s’ils disposent d’un établissement stable impliqué dans la transaction, mais peuvent utiliser la plateforme volontairement.
· Les factures B2B et B2G doivent obligatoirement transiter par KSeF, tandis que les factures B2C restent facultatives. Une facture devient valide dès l’attribution du numéro KSeF, sans nécessité d’acceptation du client.
· En cas d’erreur, une facture ne peut pas être modifiée : il faut émettre une facture de correction, y compris en cas de mauvais NIP. KSeF contrôle la conformité XML et les droits d’émission, mais ne vérifie pas les calculs.
· Enfin, à partir du 1er janvier 2027, le numéro KSeF devra obligatoirement figurer dans les justificatifs de paiement, ce qui implique une adaptation des processus de règlement.
Pour les entreprises, les dépenses liées aux déplacements sont nombreuses et diversifiées. Elles nécessitent souvent la gestion de notes de frais qui couvrent les avances réalisées par un collaborateur dans le cadre de son activité professionnelle et pour lesquelles il sera remboursé par son entreprise.
La réforme de la facturation électronique n’empêche pas une entreprise de récupérer la TVA sur les dépenses professionnelles, elle renforce le besoin de traçabilité.
Les dépenses liées aux déplacements font partie des cas d’usage spécifiques prévus par la DGFIP et ne sont pas exclus de la réforme.
1. Le collaborateur avance les frais, la facture est au nom de l’entreprise.
Obligation de e-invoicing. L’entreprise doit recevoir la facture électronique du fournisseur via sa plateforme agréée de réception (PA-R). Le salarié est considéré comme un tiers payeur et doit demander une facture électronique au nom de l’entreprise à son fournisseur. Il devra :
L’entreprise intègre la facture reçue sur la PA-R dans sa comptabilité et pourra récupérer la TVA ainsi que rembourser le salarié.
Exemple fréquent : le salarié règle sa ou ses nuitées directement à l’hôtel.
2. Le collaborateur avance les frais, la facture ou le reçu n’est pas au nom de l’entreprise
Obligation de e-reporting par le fournisseur. Celui-ci émet soit une facture au nom du salarié, soit un reçu sans mention de l’entreprise (fiche carburant, ticket repas, ticket de parking etc.). Le salarié est alors considéré comme un particulier (non assujetti), c’est pourquoi le fournisseur déclare cette vente dans son e-reporting. Le salarié peut ainsi transmettre une copie de la facture ou du reçu à son employeur pour demander un remboursement si l’achat est justifié. Cette option présente un risque de non-déductibilité de la TVA référente, l’émission d’une facture étant obligatoire dans le cadre d’une transaction intervenant entre deux professionnels assujettis à la TVA. A moins que cette transaction en rentre dans le cadre d’une mesure de simplification :
Deux circuits vont coexister et il faudra vous assurer de ne pas avoir de doublons. En effet, une même dépense peut être remboursée via la note de frais et réglée au fournisseur si une facture électronique arrive en parallèle.
A noter qu’il vous sera techniquement possible de demander au fournisseur d’établir une facture électronique à postériori même si celle-ci a été traitée initialement en e-reporting par le fournisseur.
Si vos collaborateurs utilisent une carte logée pour régler leurs frais de déplacement (chambre d’hôtel, billets de train, etc.), chaque fournisseur vous transmet une facture électronique via sa PA-E. Il s’agit d’une facture déjà payée (statut “encaissée” dans votre PA-R). En parallèle, votre entreprise reçoit un relevé mensuel des achats effectués par vos collaborateurs auprès des différents fournisseurs (hors PA).
=> Il conviendra de rapprocher le relevé de l’opérateur avec les factures des fournisseurs afin de valider le règlement du montant de ce relevé.
Avec l’arrivée de la facturation électronique, la gestion des notes de frais dans votre organisation nécessite une analyse approfondie des pratiques de vos collaborateurs et d’interroger votre politique interne.
Parmi les questions à vous poser, nous pouvons citer notamment :
Les prochains mois constituent une période clé pour préparer efficacement la mise en œuvre de la facturation électronique. Les entreprises doivent dès à présent choisir leur adresse de réception et leur Plateforme Agréée, se préparer à émettre et recevoir des factures électroniques, intégrer les cas d’usage métiers et anticiper les obligations réglementaires.
Il est essentiel de mettre en place un planning structuré, aligné sur les jalons réglementaires, de prévoir des tests d’échanges avec la PA d’ici mars 2026 et de définir une roadmap projet claire comprenant des étapes avant et après septembre 2026.
Chez Forvis Mazars, nous vous aidons à :
Nos équipes expertes travaillent à vos côtés pour challenger les échéances, optimiser vos processus et garantir la conformité.
Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant des problématiques spécifiques ou tout autre sujet, n'hésitez pas à nous les faire parvenir. Nous nous engageons à les remonter aux participants des différents groupes concernés afin de vous apporter des réponses précises et pertinentes.
Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter notre offre sur la facturation électronique et à vous abonner à la newsletter.
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