Flash BankNews | Définition du programme 2026 de L’EBA

Octobre 2025 | Le 1er octobre 2025, l’Autorité Bancaire Européenne (EBA) a publié son programme de travail pour l’année 2026 , qui s’inscrit dans la continuité des priorités définies pour la période 2024-2026 , et prend en compte les décisions prises par le Board of Supervisors (BoS) en 2025, notamment sur le renfort et la simplification du cadre réglementaire.

En outre, l’année à venir s’annonce comme un tournant, avec l’application et la continuité des grandes réformes engagées ces dernières années (CRR/CRD, CMDI, DORA, MiCAR, EMIR) et le transfert de la supervision LCB/FT vers la future autorité AMLA. Face à la montée des risques technologiques, à l’intégration des enjeux ESG et à la nécessité de garantir la stabilité financière, l’EBA fixe pour 2026 des priorités ambitieuses : convergence réglementaire, renforcement des outils d’analyse des risques, supervision des nouveaux acteurs et technologies, et simplification des exigences de reporting. Ce Flash propose une synthèse opérationnelle des axes stratégiques et des chantiers majeurs à suivre pour les établissements bancaires et financiers, afin d’anticiper au mieux les évolutions du cadre européen.

Les 3 grandes priorités de l’EBA

L’EBA aborde 2026 avec la volonté affirmée de répondre aux défis d’un secteur bancaire en pleine mutation. L’environnement réglementaire européen se complexifie, sous l’effet des innovations technologiques, de l’intégration croissante des enjeux ESG et de la montée des risques cyber. Dans ce contexte, l’EBA structure son action autour de trois grandes priorités, qui guideront l’ensemble de ses initiatives au cours de l’année :

  • Vers un marché unique efficient, résilient et durable. La première priorité vise à consolider un marché bancaire européen à la fois plus simple, plus efficient et plus résilient. L’EBA s’attache à rendre le « Single Rulebook » plus lisible et cohérent, en adéquation avec la simplification des textes majeurs tels que CRR/CRD, CMDI ou BRRD. L’objectif est de garantir une application harmonisée de la réglementation, tout en favorisant la convergence des pratiques de supervision à travers l’Union. L’accompagnement des autorités nationales et l’évaluation ex post des dispositifs locaux constituent des leviers essentiels pour atteindre cette ambition.
  • Renforcer les outils et des méthodologies d’analyse des risques. Face à la multiplication des incertitudes économiques, technologiques et géopolitiques, l’EBA investit dans le développement de capacités d’anticipation et de réaction. Les stress tests européens, l’analyse des incidents cyber et la veille sur les risques émergents, notamment ceux liés à l’innovation financière, occupent une place centrale. L’Autorité entend ainsi doter le secteur bancaire d’instruments robustes pour faire face à la complexité croissante des risques, tout en promouvant une culture commune de la gestion des vulnérabilités.
  • Accélérer la capacité technologique : l’innovation constitue le troisième pilier de la stratégie de l’EBA pour 2026. L’Autorité se positionne en acteur clé de la transformation digitale du secteur financier, en accompagnant la montée en puissance des crypto-actifs, des technologies de registre distribué (DLT) et de l’intelligence artificielle. La supervision directe des émetteurs de stablecoins et des prestataires de services sur crypto-actifs, prévue par MiCAR, ainsi que la surveillance accrue des prestataires tiers critiques dans le cadre de DORA, illustrent cette évolution. L’EBA souhaite promouvoir une innovation responsable, qui protège les consommateurs tout en favorisant la compétitivité et la résilience du secteur bancaire européen.

Les activités de l’EBA

L’ABE détaille également le programme envisagé pour couvrir ces priorités, et définit 7 typologies d’activité :

  • Développement réglementaire : L’EBA va finaliser et publier de nouveaux standards techniques (RTS/ITS), lignes directrices et Q&A, notamment pour intégrer les évolutions du « banking package » et des textes comme DORA et MiCAR.
  • Convergence de la supervision : L’Autorité va organiser des revues par les pairs et accompagner les superviseurs nationaux pour harmoniser l’application des règles, en ciblant les écarts de pratiques et en renforçant la cohérence européenne.
  • Analyse des risques et stabilité financière : L’EBA pilotera les stress tests bancaires européens, publiera des analyses sur les risques émergents (cyber, ESG, innovation) et assurera une veille continue sur la solidité du secteur.
  • Supervision directe et oversight : Elle prendra en charge la surveillance de nouveaux acteurs : prestataires tiers critiques (DORA), émetteurs de crypto-actifs (MiCAR), ainsi que la centralisation de la validation des modèles de marges initiales (EMIR), dans le cadre de contrôles et d’inspections ciblés.
  • Gestion des données : L’EBA va utiliser le portail EUCLID pour centraliser et simplifier la collecte des données réglementaires, réduire la charge de reporting pour les banques et améliorer la qualité des informations.
  • Gouvernance interne : L’Autorité va adapter son organisation, renforcer la gestion des ressources humaines et optimiser ses processus internes pour répondre à ses nouvelles missions.
  • Opérations et support : Enfin, l’EBA va digitaliser ses outils de travail, améliorer ses processus opérationnels et renforcer sa résilience face aux nouveaux défis, notamment en matière de cybersécurité.

Quels impacts et enjeux pour les banques ?

En 2026, toutes les banques européennes devront s’adapter à un environnement réglementaire en pleine évolution, marqué par la montée en puissance de la supervision technologique et l’intégration de nouveaux acteurs. L’entrée en vigueur de DORA et MiCAR impose des exigences inédites en matière de gestion des risques informatiques et de surveillance des crypto-actifs, obligeant les établissements à renforcer leurs dispositifs de contrôle et à collaborer plus étroitement avec leurs prestataires technologiques.

La simplification annoncée du reporting réglementaire devrait alléger la charge administrative, mais nécessitera une adaptation rapide des systèmes d’information pour répondre aux nouveaux formats et exigences de collecte de données. Par ailleurs, l’intégration des critères ESG dans la gouvernance et la gestion des risques devient incontournable, sous l’impulsion des attentes européennes en matière de finance durable.

Enfin, la convergence des pratiques de supervision et la recherche d’une plus grande proportionnalité dans l’application des règles invitent les banques à renforcer leur dialogue avec les superviseurs et à anticiper les évolutions du cadre prudentiel. Dans ce contexte, la capacité d’anticipation, d’innovation et d’adaptation sera un facteur clé de succès pour l’ensemble du secteur bancaire européen. 


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Les 21 recommandations du rapport EBA sur la simplification (2025)

Mandats : hiérarchiser les initiatives, concentrer les ressources sur les textes les plus importants, puis en déprioriser certains

1.

Développer une méthodologie d’évaluation de la matérialité pour prioriser les mandats réglementaires de niveau 2 et 3 lors de la négociation de futures législations ou de la préparation du programme de travail annuel

2.

Revoir les produits réglementaires livrés dans le cadre du single rulebook (en particulier sur : risque de crédit, gouvernance, ESG, supervision, résolution)

3.

Digitaliser le Single Rulebook pour le rendre plus accessible dès 2026

Reporting règlementaire : réduire les coûts de conformité de 25%

4.

Développer un cadre intégré via un glossaire de définitions, un dictionnaire de données commun et la suppression des chevauchements entre exigences de reporting

5.Réduire davantage les coûts en révisant et simplifiant les exigences existantes
6.

Créer un registre public européen des demandes de données pour renforcer la transparence

7.Coordonner les demandes émanant de différentes autorités pour éviter les redondances
8.Gérer le changement en s’impliquant davantage avec l’industrie pour expliquer les besoins et les challenges des reportings

Revue holistique du cadre prudentiel

9.Réfléchir à une simplification des fonds propres et des coussins additionnels 
10.Favoriser la proportionnalité en simplifiant les exigences et en renforçant le périmètre des SNCI
11.Réfléchir à mieux articuler les intérêts home / host afin de bénéficier des waivers
12.Promouvoir la cohérence entre les différentes réglementations et activités réglementées
13.Favoriser l’échange de données entre autorités intersectorielles
14.Création d’une plateforme commune de supervision (par exemple des GSIBs)
15.Soutenir la mise en place informatique d’une telle plateforme
16.Proposer à la Commission de privilégier les règlements et règlements délégués
17.Rendre compte à court terme de la convergence des pratiques de supervision
18.Rendre compte à long terme aux colégislateurs de l'adéquation et de l'impact du cadre réglementaire et de surveillance de l'UE

Améliorer l’organisation interne

19.Attendre des NCA davantage de moyens alloués aux travaux de convergence des pratiques de supervision
20.Anticiper les discussions avec le conseil de supervision (BoS) sur l’impact des livrables futurs
21.Renforcer la gouvernance des comités et l’interaction avec le BoS

Sources : 

EBA Work programme 2026.pdf

EBA 2024-2026 SPD.pdf (europa.eu)

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Directeur, Global FS Regulatory Centre (RegCentre) David Labella
David Labella Directeur, Global FS Regulatory Centre (RegCentre) - Paris

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