VivaTech 2026 en temps réel | Nos récap' exclusifs Forvis Mazars

À l’occasion de VivaTech 2026, grand rendez-vous international de l’innovation technologique à Paris, Forvis Mazars invite ses clients et partenaires à découvrir chaque jour les idées fortes, les nouveautés marquantes et les initiatives qui ont transformeront le futur.
Du 16 au 19 juin, vous aurez l'opportunité de suivre notre série quotidienne de récapitulatifs exclusifs pour ne rien manquer des temps forts de l’écosystème tech.

VivaTech 2026 – Édition du 16 juin 2026

Editorial — J-1 : - VivaTech 2026, entre montée en échelle et clarification stratégique

À quelques heures de l’ouverture, Paris s’apprête à replonger dans l’effervescence de VivaTech 2026, qui célèbre cette année son 10ème anniversaire. Cette année, le salon affiche clairement ses ambitions en s’installant dans le nouveau Hall 7 de la Porte de Versailles.

L’édition 2025 avait déjà marqué un tournant avec 180 000 visiteurs, plus de 14 000 startups et 171 nationalités représentées. En 2026, le salon change clairement d’échelle : les organisateurs annoncent jusqu’à 180 000 participants attendus, environ 15 000 startups et 4 000 partenaires. Un cap symbolique pour un événement qui, en dix ans, a triplé son audience et s’impose désormais comme un hub mondial de l’innovation. Dans ce contexte, VivaTech devient plus que jamais un terrain d’affrontement stratégique où se croisent grandes puissances technologiques, startups en hypercroissance et décideurs publics, autour des enjeux clés de souveraineté numérique et de compétition internationale.

Cette montée en puissance s’accompagne d’un positionnement encore plus structurant. L’édition 2026 promet une intensification des échanges, plus de 4 000 rendez-vous business et plus de 450 speakers internationaux, confirmant la vocation du salon à catalyser les grandes mutations du secteur. Intelligence artificielle de confiance, cybersécurité, climate tech ou encore deeptech : les thématiques affichées traduisent une volonté claire d’influencer les agendas économiques et politiques, bien au-delà de la simple vitrine technologique.

Pour cette édition anniversaire, VivaTech ne compte pas lever le pied ! Innovations sous haute tension, jeux d’influence en coulisses et ambitions mondiales assumées… la team Forvis Mazars vous emmène au cœur du réacteur, juste avant l’ouverture.

#1 | Les Grandes Annonces

  • Robotique & IA embarquée : Unitree x NVIDIA devraient marquer les esprits avec des robots humanoïdes dopés à l’IA avancée. Une illustration du passage à une “physical AI”, directement connectée aux usages industriels et au terrain.
  • Deeptech & quantique : IBM méritera aussi une attention particulière avec ses avancées en informatique quantique, notamment son “quantum chandelier”, symbole du passage à l’échelle de technologies encore émergentes vers des applications concrètes.
  • Défense & spatial : MBDA s’inscrit dans la montée en puissance des enjeux souverains, avec des solutions satellitaires et des innovations à la croisée du civil et du militaire, reflet d’une nouvelle lecture géopolitique de la tech.
  • Souveraineté technologique & recomposition mondiale : L’édition 2026 met en lumière une reconfiguration du paysage global, où États, industriels et écosystèmes cherchent à sécuriser infrastructures critiques, données et chaînes de valeur stratégiques.
  • Cybersécurité : Dans un contexte de tensions internationales accrues, la protection des systèmes, la détection des vulnérabilités et la sécurisation des usages et des données deviennent un socle incontournable de l’innovation présentée sur le salon.
  • VivaTech “hors les murs” & side events : Pour la première fois, VivaTech s’installe au‑delà de la Porte de Versailles avec une journée immersive sur les Champs‑Élysées et une série d’événements ouverts au grand public. À cette occasion, nos experts Forvis Mazars étaient déjà sur place ce dimanche 14 juin pour donner le coup d’envoi des festivités et prendre le pouls de cette nouvelle dynamique. Une extension inédite qui fait entrer la tech dans la ville… et dans le quotidien. 

#2 | La souveraineté au cœur du jeu

Impossible de passer à côté : l’édition 2026 de VivaTech place clairement la souveraineté technologique au centre de son agenda. Derrière les démonstrations et les innovations, c’est une bataille beaucoup plus stratégique qui se joue, celle du contrôle des infrastructures, des données et des capacités d’innovation à l’échelle des États et des grands blocs économiques.

Ce repositionnement se lit d’abord dans la structuration même du programme, où les thématiques de la cyberdéfense, intelligence artificielle, deeptech et infrastructures critiques occupent une place centrale. À mesure que la tech devient un enjeu de puissance, VivaTech s’impose comme un espace de dialogue, mais aussi de compétition, entre acteurs publics, industriels et startups.

#3 | VivaTech : place à toutes les voix

La tendance était bonne ces dernières années, et cette édition marque un tournant positif avec des engagements qui se concrétisent davantage. En effet cette année, la diversité progresse. Les organisateurs annoncent près de 40 % de femmes parmi les speakers, un signal encourageant dans un écosystème encore largement déséquilibré même si la représentation effective sur les scènes majeures restera à observer de près. Cette évolution trouve un écho particulier avec la Forvis Mazars XFactory, qui porte l’ambition de renforcer durablement la place des femmes dans l’écosystème technologique. Déjà déployée en France, en Ukraine, en Pologne et en Allemagne, l’initiative poursuit son développement. Il paraît que la prochaine promotion se prépare déjà en coulisses pour accueillir de nouveaux talents ambitieux ...Inscrivez-vous ici !

En tant que groupe international, nous porterons une attention particulière à la diversité des pays représentés et à la richesse des délégations présentes à VivaTech. Au-delà des tendances technologiques, cet équilibre géographique constitue un indicateur clé de l’ouverture de l’écosystème et de sa capacité à faire émerger des innovations portées par des contextes culturels et économiques variés. Une vigilance essentielle pour décrypter une innovation véritablement globale.

#4 | Cybersécurité : la pression monte

Autre sujet qui devrait s’imposer cette année : la cybersécurité, désormais incontournable dans tous les secteurs. Portée par les tensions géopolitiques et la généralisation de l’IA, elle s’inscrit comme un enjeu critique pour les entreprises comme pour les États. Côté démos, l’accent sera mis sur des solutions de plus en plus automatisées : détection des menaces en temps réel, protection des données sensibles, sécurisation des nouveaux usages liés à l’IA… mais avec une question en filigrane : jusqu’où ces outils permettent‑ils réellement de garder une longueur d’avance, face à des attaques toujours plus sophistiquées ? En toile de fond, la montée des solutions souveraines s’accélère. Face aux dépendances technologiques, la cybersécurité devient aussi un levier d’indépendance et un terrain de concurrence à part entière entre acteurs européens, américains et asiatiques.

#5 | Les temps forts attendus

Coup d’envoi qui donne le ton : pour ses 10 ans, VivaTech voit grand avec une cérémonie d’ouverture portée par Bernard Arnault (CEO, LVMH) et Maurice Lévy (cofondateur de VivaTech, Publicis). Un duo qui incarne la rencontre entre grands groupes et vision stratégique de l’innovation.

Keynotes entre tech, business et géopolitique. VivaTech confirme cette année encore son positionnement à la croisée de l’innovation et du pouvoir, avec des keynotes incarnées par des figures majeures du business et de la tech comme Yann Le Cun (Meta) ou Shantanu Narayen (Adobe), mais aussi par des dirigeants politiques de premier plan. Selon le communiqué officiel de Vivatech, des personnalités comme Emmanuel Macron et Narendra Modi sont attendues, illustrant la convergence entre innovation technologique, leadership économique et enjeux d’influence à l’échelle mondiale. Pour la France, l’enjeu est clair : faire de VivaTech une scène diplomatique autant qu’économique, capable de créer des échanges stratégiques et d’asseoir son rôle au cœur de la géopolitique mondiale de la tech. Pour quelques jours le pays sera donc sur le devant de cette grand scène internationale.

L’Allemagne à l’honneur : désignée “Country of the Year”, elle déploiera une délégation massive composée de startups, d’industriels et d’acteurs publics, affirmant son ambition de leadership sur les sujets de souveraineté technologique en Europe.

Premières mondiales & démos deeptech : entre robotique humanoïde, quantique ou interfaces avancées, les annonces devraient illustrer une accélération des technologies industrielles, bien au‑delà des seuls usages digitaux.

Festival & nouvelle génération : avec un format dédié aux 18‑35 ans et aux créateurs, VivaTech veut capter les usages émergents et préparer la prochaine vague d’innovation, entre IA générative et économie des contenus.

À noter enfin, un équilibre à surveiller : la collaboration public/privé. Plus que jamais, startups, grands groupes et États avancent ensemble, avec VivaTech en terrain d’expérimentation… et parfois de négociation.

#6 | Le chiffre du jour & Le Fun Fact

Chiffre du jour :  8 espaces

C’est le nombre de lettres du mot VivaTech… et donc le nombre d’espaces créés sur les Champs Elysées par Vivatech ce dimanche 14 juin dernier ! Avec un espace thématique par lettre, VivaTech opte pour une scénographie simple mais efficace, qui transforme l’avenue en parcours immersif, où chaque univers rend la tech concrète et lisible. Nous étions bien sûr présents sur les Champs-Élysées pour vivre l’activation “VivaTech : Wide”, qui confirme la volonté du salon de sortir de son format traditionnel pour aller à la rencontre d’un public élargi et international. Rythmée par des démonstrations immersives, notamment les robots Unitree, l’expérience mise sur une innovation visible, interactive et engageante.

Fun Fact : une course de fond pour cette dixième édition

Avec une surface portée à près de 70 000 m² (+30 % vs 2025), VivaTech 2026 change clairement de dimension. Concrètement ? En arpentant tous les stands, un visiteur pourrait facilement dépasser les 10 à 15 km de marche par jour… de quoi transformer la visite en véritable marathon version tech !

#7 | Notre Regard

À la veille de VivaTech 2026, le ton a changé : moins d’euphorie, plus de stratégie. S’il fallait retenir un fil conducteur cette année, ce serait “reprendre le contrôle”, des technologies, des données, des infrastructures. La montée en puissance des délégations nationales, l’omniprésence des sujets de cybersécurité et de défense, ou encore la place accordée aux deeptech illustrent cette bascule : la tech n’est plus seulement un moteur d’innovation, elle devient un levier de souveraineté et de puissance économique.

Mais derrière ce virage géopolitique, une autre transformation s’opère : celle du passage à l’impact réel. Le slogan assumé de cette édition “impact, not illusion” traduit une attente forte : démontrer, mesurer, prouver. L’époque des prototypes séduisants laisse place à des solutions concrètes, intégrées dans les chaînes de valeur, capables de générer de la performance… mais aussi d’assumer leurs responsabilités, notamment sur les sujets environnementaux et sociétaux.

Reste une question clé : cette montée en maturité tiendra‑t‑elle ses promesses ? Entre course à l’innovation, impératif de rentabilité et pressions réglementaires, les acteurs de la tech évoluent dans un équilibre de plus en plus complexe. Comme toujours, il faudra différencier les effets d’annonce des transformations durables.

Le fameux Invité Surprise a été, cette année encore, été bien gardé. Un nom tenu secret jusqu’à la dernière minute… mais toujours calibré pour créer l’effet “wow” en quelques minutes. Paris accueillera donc Jeff Bezos mercredi 17 juin. Si sa venue s’annonce comme un moment phare de VivaTech, elle n’en est pas moins clivante : icône de l’innovation mondiale, il cristallise aussi les critiques liées au pouvoir des Big Tech et aux impacts sociaux du numérique, un contraste qui illustre parfaitement les enjeux actuels du secteur. On observe une nouvelle fois une forme de paradoxe dans le positionnement de VivaTech : bien que le salon revendique fièrement un ancrage français et européen, son rayonnement continue de s’appuyer fortement sur la présence de figures emblématiques de la Silicon Valley, comme Elon Musk ou Jensen Huang lors des précédentes éditions.

Enfin, pour la 4ᵉ année consécutive, Forvis Mazars sera fier d’être knowledge partner du Female Founder Award jeudi 18 juin, réaffirmant notre engagement en faveur de la diversité et de l’entrepreneuriat féminin. Cette année encore, notre présence se renforcera à travers des Learning Expeditions exclusives organisées pour nos clients et partenaires tout au long du salon.

Notre Forvis Mazars Lounge, installé au Mama Shelter Paris West, s’affirmera comme un véritable point d’ancrage au cœur de l’effervescence du salon : un lieu pour prendre du recul, croiser les regards et prolonger les échanges en dehors des allées. Nous y proposerons également l’exposition Future Shapers de l’artiste Antonio Meza, dédiée aux visages de l’innovation, qui a réalisé ses portraits de startups. Nous y organiserons également des temps de rencontre autour de la Forvis Mazars XFactory, notre accélérateur de startups, autant d’occasions de transformer les tendances observées en discussions concrètes et perspectives business.

Au-delà de la médiatisation, notre ambition reste la même : décrypter, analyser, prendre parti. Et nous devons dire que pour les dix ans, nous nous attendons à du spectaculaire ! Toute la semaine, nous vous proposerons un regard structuré sur ce qui compte vraiment, entre promesses affichées et réalités opérationnelles.

Rendez-vous dès demain pour continuer à décrypter les signaux forts, les arbitrages de fond et les coulisses de l’innovation en action !

VivaTech 2026 : Édition du 17 juin 2026

Editorial : Moins de démonstration, plus d'exécution

L'édition 2026, la dixième, marque un tournant de maturité : on ne vient plus seulement voir, on vient juger, évaluer et mesurer. La tech y est évaluée à l'aune de son déploiement réel, de ses débouchés industriels et de sa capacité à s'inscrire dans une logique européenne cohérente. Le salon ressemble de plus en plus à un sommet géopolitique déguisé en foire technologique, où l'enjeu n'est plus seulement d'innover, mais de savoir qui contrôlera les outils de demain. Le spectacle reste présent, mais il n'est plus l'argument.

 

#1 | Ce qui buzze dans les allées

  • Allemagne : première nation européenne désignée Pays de l'année à VivaTech, elle arrive en force avec startups, industriels et acteurs publics, dont son ministre du Numérique Karsten Wildberger. Le signal est clair : l'Allemagne veut peser dans le débat européen sur la souveraineté technologique.
  • Bernard Arnault et Maurice Lévy : les deux co-fondateurs de VivaTech ouvrent la cérémonie à 9h15, incarnant dix ans après la création du salon le dialogue toujours d'actualité entre grands groupes et écosystème innovation.
  • Unitree et NVIDIA : la robotique humanoïde et les usages d'IA embarquée restent au cœur des conversations. L'enjeu n'est plus de montrer des machines, mais de prouver leur utilité industrielle concrète.
  • Scaleway et OVHcloud : les deux acteurs français du cloud souverain ont accéléré leurs annonces à VivaTech. Scaleway a noué un partenariat avec France Télévisions pour migrer les contenus audiovisuels vers une infrastructure souveraine. OVHcloud annonce avec Scality une offre de cyber-résilience pour répliquer des données critiques sans dépendre des hyperscalers américains. Le contexte reste porteur : en avril 2026, la Commission européenne a attribué un marché-cadre de 180 millions d'euros sur six ans à quatre consortiums européens de cloud souverain, dont OVHcloud et Scaleway, pour héberger les charges de travail de la Commission, du Conseil, de la BCE et d'une cinquantaine d'agences européennes.
  • Et bien sûr l’intervention très attendue de l’invité surprise de VivaTech 2026. : Jeff Bezos !

 

#2 | L'Europe tech face à son test de passage à l'échelle, c’est moins bling bling que les robots, mais probablement plus structurant

Le vrai sujet du salon n'est pas l'invention, c'est la transformation. L'Europe a les talents, les laboratoires, les startups. Ce qui freine, c'est la fragmentation : marchés morcelés, règles disparates, adoptions lentes. Plusieurs intervenants ont pointé le même nœud : sans commande initiale, les deeptech restent des promesses. Un contrat public bien placé peut déclencher un effet d'entraînement décisif sur les financements privés et la crédibilité commerciale.

L'ambition va plus loin : l'Europe ne veut plus seulement innover, elle veut devenir une zone de référence sur les technologies critiques : données, langues, calcul, normes. La présence de Prometheus, un nouveau venture AI présenté comme un outil destiné à aider les ingénieurs à accélérer le cycle de conception, l'illustre concrètement. Le point important, c'est qu'il repose sur un entraînement dans 24 langues européennes, ce qui en fait un signal très net de souveraineté applicative à l'échelle du continent. Ce type de modèle a une valeur particulière pour les entreprises européennes : il peut mieux s'adapter aux contraintes locales, aux règles internes, aux processus documentaires multilingues et aux cadres réglementaires qui varient d'un marché à l'autre. Le projet est intéressant parce qu'il vise le cœur du problème industriel : réduire le délai entre idée, prototype et déploiement. Mistral (éditeur français de grands modèles de langage), AMI Labs (acteur français de la recherche et des systèmes d'IA) ou Babbar (plateforme française d'analyse de données et de ranking) restent des signaux encourageants, pas encore une parité avec les capacités américaines et chinoises.

Moins spectaculaire qu'un robot sur scène, mais potentiellement plus structurant sur le long terme. Le gouvernement français a d'ailleurs annoncé un investissement de 655 millions d'euros pour accélérer le développement de l'IA en France, signe que la commande publique commence à s'aligner sur l'ambition affichée.

 

#3 | Jeff Bezos, pas d’énorme coup de comm, mais une vision de l’espace confirmée comme une nouvelle infrastructure industrielle

La conférence Building the Road to Space s'est tenue sur la VivaTech Theater, avec Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et de Blue Origin, David Limp, PDG de Blue Origin, et modérée par Mike Massimino, ancien astronaute de la NASA. Elle a été l'un des moments les plus courus de cette première journée : grande salle comble, écran de retransmission bondé à l'extérieur. Symptôme révélateur : lorsque Léon Marchand a pris la parole juste après, le flux s'est vidé en quelques minutes. La vedette du jour, c'était Bezos.

La conférence avait d'autant plus de poids qu'elle intervenait dans un moment délicat pour Blue Origin. Le 28 mai 2026, une fusée New Glenn a explosé lors d'un essai statique au sol à Cap Canaveral, détruisant le lanceur et endommageant sérieusement l'unique pas de tir de l'entreprise. Le programme Blue Moon, lander lunaire prévu pour l'automne 2026 dans le cadre du programme Artemis de la NASA, accusera très probablement un retard significatif. C'est dans ce contexte que Bezos a choisi Paris pour défendre sa vision : le spatial non pas comme un exploit ponctuel, mais comme une infrastructure industrielle à part entière : logistique, production, télécoms, observation de la Terre, accès à la Lune. Sa vision de long terme repose sur le déplacement des industries lourdes et polluantes hors de la Terre pour en protéger la planète. Un discours de continuité, pas un coup de communication.

Le contraste avec le discours européen est saisissant : là où le continent débat encore de coordination et de souveraineté, la vision américaine mise sur l'échelle et l'accélération. Blue Origin a pour objectif le retour de l'humain sur la Lune et son arrivée sur Mars dans les prochaines années, avec SpaceX comme concurrent direct. Ceux qui structurent l'accès à l'espace aujourd'hui en contrôleront les retombées demain : économiques, stratégiques, industrielles. Et cette prise de parole à VivaTech, trois semaines après l'explosion du New Glenn, fonctionnait autant comme une démonstration de résilience que comme une démonstration de puissance.

 

#4 | Temps forts Forvis Mazars

  • Future Shapers Award : Jeroen Hofland et l’artiste Antonio Meza ont remis ce prix à Genodics sur la scène Business France. Il s’agit d’un concours lancé par Forvis Mazars France et son accélérateur de de startups la X Factory, en partenariat avec Business France et l'artiste plasticien Antonio Meza dont une œuvre originale constituait le trophée. Genodics utilise le son pour stimuler la croissance des plantes, réduire les intrants chimiques et renforcer la résilience des cultures face au climat. Bravo !
  • Lab Climat Forvis Mazars au Mama Shelter : un échange consacré aux trajectoires de décarbonation et aux leviers de transformation des modèles économiques face au climat. Les discussions ont porté sur la manière d'aligner innovation, contraintes réglementaires et passage à l'échelle, avec un angle très opérationnel sur l'adaptation des entreprises. La présentation a été rythmée par des ateliers et études de cas, de quoi dynamiser et favoriser les échanges !

 

#5 | Le chiffre du jour & Le Fun Fact

50% 

Un cadre dirigeant de Tiffany, Eduardo Barbaro, a indiqué que 50% des consommateurs feraient désormais davantage confiance à l'IA qu'à leurs proches et amis pour obtenir une information. Le chiffre dit quelque chose de plus large qu'un simple usage : l'IA ne sert plus seulement à produire du contenu, elle commence à arbitrer des décisions du quotidien. 

Fun fact : 30 minutes. C’est le temps qu’il a fallu en début d’après midi de cette première journée pour que la plateforme en ligne d’édition des pass Vivatech revienne à la vie… Lenteurs, bugs, surchauffe ? Espérons que demain la plateforme aura retrouvé couleurs et son efficacité habituelle !

 

#6 | Notre Regard

Ce qui frappe le plus, ce n'est pas seulement la taille du salon, c'est sa façon de faire circuler les idées. En quelques mètres, on passe d'une keynote de très grande ampleur à un stand plus discret, mais parfois plus convaincant parce qu'il montre déjà un usage réel. Cette juxtaposition dit beaucoup de l'époque : le prestige attire encore, mais la crédibilité se gagne ailleurs, dans les détails, les preuves et la manière d'exécuter.

VivaTech confirme son positionnement de kaléidoscope sur la scène tech : entre ceux qui racontent une ambition futuriste, ceux qui détaillent un produit ou un service, ceux qui cherchent des partenaires, et ceux qui acceptent de montrer ce qui n'est pas encore prêt,… L’enjeu devient de savoir faire le tri et dissocier le storytelling des disruptions de marché, et de distinguer les positionnement ‘show-off’ de ceux qui sont plus stratégiques.

MBDA par exemple a choisi VivaTech pour afficher une ligne plus stratégique que démonstrative. Le groupe se présente ici sur le créneau de la “Def Tech”, en se définissant comme un “Pure Player” dont la mission est de protéger les libertés, dans un contexte de tensions géopolitiques mondiales. Le message est clair : le salon n’est pas seulement un espace de vitrine, mais un terrain à enjeu géopolitique où la défense veut aussi parler innovation. Reste désormais l’attente d’une annonce autour du satellite, encore promise mais pas détaillée. On ressort toutefois avec une impression mitigée : le stand existe, la maquette de satellite aussi, mais l’ensemble paraît sous-exploité, avec peu d’animation et une démonstration trop peu incarnée pour créer un vrai moment fort.

Côté Unitree à l’inverse, impossible de nier l’effet bluffant, que l’on voit sur tous les supports médias depuis ce matin. Malgré le côté un peu répétitif de leurs démonstrations, déjà vues sous des formes très proches dans tous les événements des 24 derniers mois, Unitree continue d’attirer une foule compacte et de provoquer le même réflexe de fascination. Au-delà de la mise en scène sensationnaliste, calibrée pour le “wow” immédiat, les cas d’usage industriels restent discrets et abordés dans des cercles plus fermés.

Au fond, VivaTech 2026 nous rappelle une chose simple : la confiance ne se décrète pas, elle se construit à force de démonstrations cohérentes, de promesses tenues et de conversations franches. C'est peut-être moins spectaculaire qu'un grand discours, mais c'est plus utile.

Premières impressions, premiers paradoxes, ces deux prochains jours nous permettront de creuser les sujets qui méritent une attention particulière pour ne pas se laisser impressionner par le wow effect, et comprendre ce qui impactera le futur.

À demain pour la suite du décryptage !

VivaTech 2026 : Édition du 18 juin 2026

Editorial : Le salon passe du signal à la démonstration utile

VivaTech 2026 montre aujourd’hui deux mouvements très nets. D’un côté, les grandes scènes continuent de fixer le cap politique et industriel du salon, avec l’Asie, l’Europe et les grands dirigeants au centre du jeu. De l’autre, les présentations les plus convaincantes sont parfois les plus modestes en apparence : des outils pensés pour la ville, la banque ou les usages du quotidien, qui parlent moins fort mais résolvent des problèmes très concrets. C’est là que l’événement devient le plus intéressant pour des dirigeants : quand il cesse d’être une vitrine et prend des allures de terrain d’expérimentation.

#1 | Les Grandes Annonces

  • Narendra Modi et Emmanuel Macron : la présence conjointe des deux dirigeants confirme que VivaTech n’est plus seulement une scène d’innovation, mais aussi un espace diplomatique. Leur venue donne du poids aux échanges autour de l’axe Inde Europe et à la question de la souveraineté technologique. Après leur rencontre à Evian, au sommet du G7 ces derniers jours, cette ultime réunion signe réellement la volonté de l’Inde de se rapprocher des puissances européennes. Leur venue a eu un effet très concret sur la cadence du salon, elle a notemment ralenti la sortie de notre Learning Expedition ! Au delà de l’anecdote logistique, cela confirme que VivaTech est devenu une scène internationale de premier plan et que l’Inde est un partenaire de choix, non seulement pour la France, mais également pour l’Europe.
  • Joe Tsai - Alibaba : le cofondateur d’Alibaba a présenté une vision très offensive de l’IA et du cloud, avec un accent mis sur les solutions conçues à partir de ressources chinoises. Le message est clair : la Chine entend montrer qu’elle peut bâtir sa propre chaîne de valeur, de bout en bout.
  • Inde Europe Tech Alliance : la conférence consacrée aux relations Inde Europe a posé une définition différente de la souveraineté, moins centrée sur l’isolement que sur la capacité à bâtir des alliances technologiques. Les travaux déjà engagés ont montré que l’enjeu est désormais très concret et fait écho à l’interview de Florence Sardas (Associée Forvis Mazars) à RFI, parue aujoud’hui. Lisez-la ici ! : Nouvelles technologies: «L'Inde se distingue par des cadres réglementaires et souverains que l'on ne voit pas ailleurs» - RFI
  • CNRS Innovation : les échanges autour du transfert de recherche (transformer une invention en usage économique) ont rappelé que la science publique peut encore devenir un moteur d’entreprise quand les bons relais existent. Le rôle des brevets, des partenariats et de l’accompagnement reste central pour faire émerger des usages.
  • France urbaine et services publics : plusieurs démonstrations ont insisté sur l’IA au service des villes, avec des outils d’aide à la gestion urbaine, à l’information des habitants et à l’optimisation de services locaux. Ce ne sont pas les propositions les plus spectaculaires du salon, mais elles participent directement à la vie quotidienne, ce qui mérite aussi d’être mis en avant.

#2 | L’Asie à l’heure de la fragmentation

Le salon offre aujourd’hui un contraste très binaire dans sa façon d’aborder la souveraineté. Du côté de l’Inde, la conférence Inde-Europe a présenté une vision relationnelle et stratégique : la souveraineté n’est pas seulement la maîtrise d’infrastructures internes, c’est aussi la capacité à choisir ses partenaires, à construire des interdépendances utiles et à peser dans la définition des standards. Cette approche est particulièrement intéressante parce qu’elle renvoie à une logique de bloc, mais sans fermeture totale. Elle suppose de coopérer tout en gardant la main sur les technologies sensibles, les données et les capacités de calcul.

C’est précisément ce qui explique l’importance politique de la présence de Narendra Modi à VivaTech, aux côtés d’Emmanuel Macron. Au delà du symbole, l’image révèle quelque chose de la conjoncture économique actuelle : les grands pays ne viennent plus seulement pour être visibles, ils viennent négocier leur place dans l’architecture de demain. L’Inde veut être traitée comme un partenaire de premier plan, pas comme un simple marché.

L’entretien publié aujourd’hui avec Florence Sardas éclaire parfaitement cette lecture. Elle y rappelle que l’Inde se distingue par des cadres réglementaires et souverains que l’on ne voit pas ailleurs, et souligne qu’il faut surtout bien choisir ses interdépendances.

La Chine, elle, raconte une autre histoire. Avec Joe Tsai, Alibaba a mis en avant une logique d’intégration verticale très forte : des ressources, des modèles, des infrastructures et des cas d’usage conçus dans un même écosystème. Cette démonstration vise moins à séduire par le discours qu’à montrer une capacité industrielle totale. L’idée est presque inverse de celle de l’Inde : là où New Delhi mise sur l’alliance, Pékin insiste sur l’autonomie complète et la maîtrise interne.

Pour les entreprises européennes, la leçon est utile. Il n’existe pas une seule lecture asiatique de la souveraineté. Il existe au moins deux modèles, et chacun impose des réponses différentes en matière de données, de cloud, de dépendance fournisseur et de coopération technologique.

#3 | Des solutions françaises plus contrastées, mais très concrètes

À côté des grandes scènes internationales, la France a multiplié les démonstrations très tangibles autour de la ville, des services publics et de l’IA appliquée. Le point commun de ces initiatives est simple : elles cherchent moins à impressionner qu’à améliorer un service existant. On a vu des outils d’aide à la gestion urbaine, des dispositifs pensés pour fluidifier les interactions avec les habitants, et des solutions de terrain qui s’inscrivent dans les contraintes réelles des collectivités.

Cette approche tranche avec les présentations plus spectaculaires du salon. Elle est moins visible, mais probablement plus directe. Une solution qui aide à mieux gérer un flux, à alerter plus vite, à orienter un usager ou à rendre une information lisible peut produire un impact immédiat. C’est particulièrement vrai dans les villes, où l’efficacité se mesure à la qualité du service rendu et à la rapidité de déploiement.

Le mérite de ces présentations est aussi de rappeler que l’IA n’a pas vocation à rester confinée aux démonstrations de prestige. Dans les collectivités, dans les infrastructures et dans les services de proximité, elle devient un outil d’aide à la décision, d’anticipation et d’exécution. Le salon montre ainsi deux vitesses : d’un côté, les ambitions géopolitiques ; de l’autre, la recherche d’un bénéfice tangible pour les habitants.

#4 | Temps forts Forvis Mazars

  • Female Founder Awards : Sylvain Fréon, Membre du COMEX Forvis Mazars en France, et membre du Jury du Female Founders Award, a animé sur scène les Pitch des 5 finalistes en lice pour le prix. La séquence a donné un vrai souffle à la journée. Les finalistes ont abordé des sujets très concrets, de la santé hormonale à la foodtech en passant par l’IA vocale, avec des propositions déjà proches du marché. La contribution de Forvis Mazars va au-delà du sponsoring en offrant la mise en lumière des projets et l’accompagnement dans le passage à l’échelle. La portée du sujet dépasse la cérémonie. Dans un salon où les annonces sont souvent dominées par les grands industriels, cette scène rappelle que la diversité des profils fondateurs est aussi une question de performance économique. L’enjeu n’est pas seulement d’ouvrir la porte, mais de faire en sorte que les projets féminins accèdent au financement, aux partenaires et à la crédibilité commerciale, pour ensuite passer à l’échelle.
  • Groupe de réflexion Forvis Mazars LCB-FT : les discussions, animées par nos experts conformité bancaire Forvis Mazars, ont porté sur les transformations du secteur bancaire, avec un angle très opérationnel sur les usages, la conformité et les attentes clients. Le sujet est moins médiatique que d’autres, mais il touche au cœur de la modernisation des service financiers. Le sujet a pris une ampleur particulière, avec des échanges très opérationnels sur les usages de l’IA dans les services financiers. La banque est ici confrontée à trois attentes simultanées : mieux servir ses clients, mieux contrôler ses risques et accélérer ses opérations. C’est précisément cette tension qui rend le ce Groupe de réflexion intéressant : il relie conformité, innovation et productivité sans rester dans le discours. les discussions ont aussi montré que les établissements recherchent des solutions pragmatiques, compatibles avec les contraintes de gouvernance et de sécurité. L’IA n’est pas pensée comme une couche décorative, mais comme un outil d’aide à l’exécution, à la relation client et au traitement de données. C’est un bon thermomètre du niveau de maturité du secteur.

     

#5 | Le chiffre du jour & Le Fun Fact

38

C’est le nombre de participants réunis pour l’une des Learning Expeditions organisées aujourd’hui autour de Forvis Mazars. Ce beau record montre qu’au-delà des conférences, le salon reste un lieu de circulation rapide des idées entre équipes, dirigeants et experts.

(Not so) Fun Fact - Le robot qui a cogné trop fort

Sur un autre plan, la journée a aussi rappelé que les démos robotiques peuvent déraper. Des robots humanoïdes ont renversé des écrans en dansant sur un stand, un incident relayé en ligne qui dit bien le mélange actuel entre fascination et imprévisibilité. Bad buzz…La scène amuse, mais elle rappelle aussi que la mise en scène ne suffit pas : l’exécution doit suivre.

#6 | Notre Regard

Le salon de ce 18 juin confirme une évolution importante : la hiérarchie de la valeur se déplace. Les grandes annonces continuent de capter l’attention, mais les projets les plus crédibles sont souvent ceux qui montrent déjà leur utilité dans un environnement concret. Cela vaut pour l’Asie, qui propose deux visions différentes de la souveraineté, comme pour la France, qui met davantage l’accent sur l’intégration dans les villes et les services.

Un autre signal mérite d’être retenu : quand des robots cassent des écrans, le salon rappelle brutalement que le wow effect a ses limites. La technologie peut impressionner, mais elle doit surtout être fiable, utile et maîtrisée. C’est ce tri entre spectacle et robustesse qui permettra de distinguer les tendances de fond des effets de scène.

Pour les décideurs, la question n’est plus seulement de savoir quelle technologie impressionne le plus. Il faut désormais distinguer ce qui structure un avantage durable, ce qui crée une dépendance, et ce qui améliore réellement la vie quotidienne ou la productivité des organisations. C’est probablement dans cet écart, entre la scène et l’exécution, que se joue la lecture la plus utile de VivaTech 2026.

On se retrouve demain pour un nouveau tri pour identifier les signaux vraiment utiles !

VivaTech 2026 : Édition du 19 juin 2026

Editorial : Quand les robots quittent enfin la mise en scène

Ce matin, le salon avait un air de fin de course : moins de monde, des structures déjà démontées ou en cours de démontage, et un paysage un peu plus calme. Pourtant, c’est peut-être la journée la plus intéressante de la semaine ! VivaTech cesse d’être un simple défilé de promesses et donne à voir une tech qui prend forme, se discipline, s’industrialise, et parfois se heurte à ses propres limites. Les robots dansent, oui, mais ils sont surtout en train d’entrer dans le réel.

#1 | Les Grandes Annonces

  • AGIBOT : la séquence “AI gets a body” a donné le ton avec une démonstration de robots humanoïdes sur la grande scène. Hier, les robots cassaient des écrans (clin d’oeil à la newsletter) ; aujourd’hui, ils crevaient l’écran.
  • The Exploration Company : l’espace reste l’un des terrains les plus ambitieux du salon, avec une capsule habitée en vitrine et une logique d’industrialisation qui avance vite. Le message est simple : l’Europe ne peut pas se contenter d’observer, elle doit produire.
  • Current AI : le programme “Culture Preservation” s’attaque à un angle moins visible que la langue seule, mais décisif : la préservation culturelle dans l’IA. Le lancement en partenariat avec la puissance publique montre que la diversité des modèles devient un sujet stratégique.
  • Cérémonie XXL : La Stage One de Vivatech a été investie pour la remise de 6 awards : Female Founder Award, AfricaTech Award, Innovation of the Year Award, Tech for Change Award, Next Startuper Award, People’s choice Award. Une cérémonie à grande échelle à l’américaine avec hôte de cérémonie, applaudimètre et suspense intense… on adore !

#2 | Les robots à l’épreuve de la réalité, quel futur pour ce qui semble aujourd’hui être un gadget ?

La vraie rupture de cette édition, ce n’est pas seulement la présence massive de robots sur les stands, c’est leur changement de statut : à VivaTech 2026, l’IA s’incarne. La démonstration d’AGIBOT a marqué les esprits avec une dizaine de robots humanoïdes dansant pendant plusieurs minutes sur la plus grande scène du salon, avec une synchronisation presque parfaite. Le robot humanoïde n’est plus un gadget de foire ; il devient un support concret pour parler d’interaction, de mouvement, d’équilibre et de présence dans l’espace.

Cette montée en puissance s’inscrit dans une perspective plus large : 25,4 millions de robots humanoïdes pourraient être en service dans le monde d’ici 2036. Le chiffre montre surtout que le marché n’est plus marginal. La vraie question devient alors celle des usages, de la fiabilité et de la valeur créée dans les métiers où ils seront déployés.

La conférence “Robot to the rescue” a illustré un autre versant de cette évolution, avec des robots pensés pour des environnements à risque : Tethys One pour le déminage sous-marin et FireDrone pour les incendies extrêmes. Tous ne cherchent pas à imiter l’humain ; certains privilégient la précision, d’autres la résistance ou l’autonomie. Le point commun reste le même : protéger des vies et faire gagner du temps là où l’intervention humaine est difficile.

Au fond, le sujet n’est plus seulement la prouesse, mais l’intégration réelle dans des opérations, avec des contraintes de sécurité, de maintenance, de coût et de retour sur investissement. C’est là que la “physical AI” cesse d’être un effet de scène pour devenir un sujet de chaîne de valeur.

#3 | Quand l’IA devient un sujet de métier, de sécurité et de rentabilité : la fin de l’IA pour l’IA

L’autre bascule du salon concerne les usages en entreprise. L’IA n’est plus seulement présentée comme un outil ponctuel, elle s’installe dans les organisations, avec une attente très forte sur la gouvernance, la sécurité et le retour sur investissement. Le message est clair : on ne peut pas déployer des agents sans contrôle, ni sans visibilité sur ce qu’ils font. Les dirigeants veulent des outils qui accélèrent le travail, mais aussi des garde-fous : évaluation des risques, supervision humaine, conformité et traçabilité. Cela vaut pour les équipes techniques, mais aussi pour les fonctions métiers qui commencent à intégrer l’IA dans leurs processus quotidiens.

Cette logique de responsabilisation dépasse la simple performance : fiabilité, confidentialité, sécurité, inclusivité et observabilité. Dit autrement, une IA utile en entreprise doit d’abord être gouvernable. Le sujet n’est donc pas seulement de créer plus vite, mais de décider qui valide, qui surveille, qui corrige, et comment on mesure les dérives éventuelles.
Dans la finance, le même raisonnement domine. L’IA y sert à détecter plus vite les fraudes, automatiser certaines tâches, mieux servir les clients et mesurer précisément les gains. Les cas d’usage évoqués vont du tri plus rapide des dossiers à la relation client automatisée, en passant par des usages dans le trading ou le juridique. Le sujet n’est plus “faut-il y aller ?” mais “comment l’intégrer sans perdre le contrôle et avec un impact mesurable ?”.
Ce qui frappe, c’est le changement de vocabulaire. On parle de moins en moins de test ou de pilote, et de plus en plus d’outillage, de gouvernance et de rentabilité. Autrement dit, l’IA sort de la phase d’admiration pour entrer dans la phase d’arbitrage. Et c’est souvent à ce moment-là que les projets deviennent sérieux.

#4 | Nos temps forts  

  • Vendredi 19 juin, Forvis Mazars a de nouveau marqué les esprits pour son dernier jour de présence à VivaTech 2026. En tant que Knowledge Partner du Female Founders Award, Sylvain Fréon (COMEX Forvis Mazars en France et jury du Female Founder Award) a remis le prix de la startup féminine gagnante sur la Stage One, dans une ambiance digne des plus grands shows à l’américaine : animation rythmée, applaudimètre et énergie communicative. Cinq startups étaient encore en lice pour cette édition, et la grande gagnante annoncée : ENDOLITH ! Une victoire portée par une conviction forte, résumée par sa CEO: « If you feel like you’re the only one who can solve the problem, cancel everything you have planned and do it! ». Au-delà du trophée, les lauréats bénéficient de véritables accélérateurs : présence au Startup Corner de VivaTech 2027, visibilité internationale, introductions à des fonds de capital-risque (VC), prix complémentaires… Et pour la lauréate ENDOLITH : une place offerte dans la 6ème promotion de la Forvis Mazars XFactory ! On a hâte !
  • Lab Climat Forvis Mazars avec nos clients et partenaires : au Forvis Mazars Lounge, les échanges ont insisté sur un point devenu central : la décarbonation ne peut plus être traitée comme un sujet annexe. Elle touche désormais au modèle économique, à l’exécution et aux arbitrages de croissance.
  • L’art s’invite à VivaTech : l’espace du Forvis Mazars Lounge a joué son rôle de point d’ancrage pour prolonger les discussions hors des allées, au calme de la frénésie du Hall7… et au frais ! L’exposition Future Shapers de l’artiste Antonio Meza, mettant en lumière des entrepreneurs à impact à travers le monde, a permis de prendre un peu de recul et de profiter de l’art visuel pour poursuivre les discussions. Pas besoin d’IA ni de robots finalement !   

 

#5 | Le chiffre du jour & Le Fun Fact

110+

C’est le nombre de langues proposées par OHAIO.AI pour la traduction en temps réel sur téléphone pendant le salon. Le détail qui fait sourire, c’est qu’au fil des échanges sur VivaTech, le mot “game”, omniprésent dans l’une des conférences (en lien avec le thème de la conférence – cf ci-dessous), était systématiquement remplacé par “GenAI” par l’outil : un petit bug qui dit beaucoup du thème central du salon. Cette solution de transcription est proposée dans toutes les salles de conférence du salon, et sur toutes les scènes… un bon coup de pub !

Le père de Tetris

C’était le sujet d’une conférence cette après-midi, racontée par Alexei Pajitnov lui-même. Il y a expliqué comment Tetris est né en 1984 dans l’Union soviétique, avec seulement 24 lignes de script et sans graphismes ni son sur les machines disponibles. Pour faire exister son idée, il a dû simplifier le puzzle d’origine, trouver une forme jouable en temps réel, puis prouver publiquement qu’il en était bien l’auteur, à une époque où le droit d’auteur ne protégeait pas ce type de création dans son pays.

La difficulté ne s’est pas arrêtée là. Pendant des années, il n’a quasiment rien touché sur un jeu devenu mondial, parce que les droits étaient embrouillés entre institutions soviétiques, intermédiaires et nouveaux acheteurs. De son côté, Henk Rogers, l’homme qui a porté Tetris à l’international, a découvert le jeu au CES de 1988 en y revenant quatre fois, puis a dû mener une bataille de licences à Moscou, sur fond de bureaucratie, de pressions politiques et de contrats inexistants. C’est cette succession d’obstacles qui a transformé un petit jeu de logique en aventure industrielle et juridique hors norme. Alors, vous saviez tout ça ?

#6 | Notre Regard

Ce 19 juin confirme une impression de plus en plus nette : VivaTech 2026 est moins un salon de démonstration qu’un salon d’atterrissage. Les robots y sont nombreux, mais ce ne sont pas seulement des objets de fascination. Ils obligent à poser les bonnes questions : qui les finance, qui les contrôle, qui les déploie, qui les assume ? Dans les faits, l’enjeu n’est plus de savoir si la robotique et l’IA vont entrer dans les entreprises, mais à quelle vitesse, avec quel niveau de maturité, et surtout avec quelles garanties de sécurité et de responsabilité.
Même logique pour les agents IA : la vitesse d’adoption dépendra moins du buzz que de la capacité à les intégrer dans des organisations réelles, à mesurer leurs effets, et à accepter qu’un gain de productivité sans gouvernance peut vite devenir un risque opérationnel. On sent aussi que les entreprises les plus avancées sont celles qui ne cherchent plus seulement une démonstration brillante, mais un usage qui s’insère dans un processus existant sans le casser.

Le salon montre enfin qu’une collaboration public-privé solide reste indispensable. Que ce soit pour accompagner les jeunes vers leur premier emploi, industrialiser la robotique, ou bâtir des capacités européennes dans l’espace, aucun acteur n’a intérêt à rester seul. Le message du jour est probablement là : la tech avance quand les frontières entre État, entreprises et écosystèmes deviennent perméables, mais sans perdre la discipline de l’exécution.

Vivatech avec Forvis Mazars c’était 3 Labs thématiques, 13 LEX, beaucoup de kilomètres parcourus et surtout énormément d’échanges, tous très formateurs et enrichissants !

Merci de nous avoir suivis et on se retrouve le 29 juin à Carré Vert pour une session décryptage des tendances tech et innovation mondiales de cette édition 2026, dans un cadre convivial à Levallois Perret !

 

 

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